Le 28 août 2026, le site mémorial du GENOCOST à Kinshasa a accueilli une exposition artistique consacrée au rôle de l’art dans la transmission de la mémoire du génocide. L’artiste peintre congolais Benjamin Mbenga y a présenté des œuvres qui interrogent la manière dont la création peut préserver le souvenir des victimes et des survivants des crimes internationaux commis en République démocratique du Congo. Cette rencontre, organisée avec l’appui du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), a réuni artistes, survivants, familles de victimes et acteurs de la société civile.
Une mémoire portée par les visages et les corps
Dans son travail, Benjamin Mbenga place le visage humain au centre de sa démarche. Regards, rides, expressions et textures de la peau deviennent, sous son pinceau, les traces d’histoires individuelles et collectives marquées par la violence. L’artiste ne cherche pas seulement à représenter la souffrance, mais à montrer ce qu’elle laisse dans les mémoires. Ses œuvres redonnent ainsi une présence symbolique aux victimes et mettent en lumière les parcours de ceux qui ont survécu. Pour lui, les êtres humains sont des « bibliothèques vivantes », capables de conserver, à travers leurs corps et leurs souvenirs, les traces des événements vécus. La peinture devient alors un moyen de préserver ces récits et de les transmettre aux générations futures.
De la reconnaissance des blessures à la résilience
Le travail de Benjamin Mbenga ne se limite pas à représenter les violences. À travers ses œuvres, l’artiste met également en avant la résilience des survivants et la possibilité d’un cheminement vers la guérison. Cette résilience ne signifie pas pour autant effacer les souffrances du passé. Pour l’artiste, elle doit s’accompagner d’une reconnaissance des blessures, mais aussi d’une réflexion sur la justice, la réparation et la construction d’une paix durable. Il résume son message en trois idées essentielles : se souvenir, ne jamais répéter les violences et commencer à guérir. Son approche inscrit ainsi l’exposition dans une réflexion plus large sur le rôle de la mémoire dans la société. Il ne s’agit pas seulement de conserver le souvenir des violences, mais d’en transmettre la connaissance aux générations futures afin qu’elles puissent en comprendre les conséquences et en mesurer les leçons.
Une mémoire collective pour les générations futures
Au-delà de l’hommage aux victimes, Benjamin Mbenga défend l’idée d’une mémoire qui dépasse le cercle des familles directement touchées par les violences. Il plaide pour que la mémoire des victimes ne reste pas limitée aux familles concernées, mais devienne une mémoire commune, une conscience collective, afin que les générations futures héritent d’un engagement en faveur de la dignité et de la paix. Organisée avec l’appui du FONAREV, l’exposition a ainsi placé la mémoire du GENOCOST dans un cadre collectif. Le site mémorial s’est transformé, le temps de cette rencontre, en un espace de recueillement, mais aussi de réflexion sur les traces laissées par les violences dans la société congolaise. Pour l’artiste, transmettre cette mémoire implique de reconnaître les victimes, d’écouter les survivants et de préserver leurs récits. La création artistique intervient alors comme un moyen supplémentaire de donner une forme et une visibilité à des expériences parfois difficiles à exprimer.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
