Le projet « Bomoyi ya mama na muana », qui signifie « la vie de la mère et du nouveau-né », a été officiellement lancé lundi 31 août à Mbujimayi, dans la province du Kasaï-Oriental. Porté par un consortium réunissant le Conseil national de la couverture santé universelle (CNCSU), la Fondation Vodacom et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), ce programme vise à réduire la mortalité maternelle et néonatale en appui à la gratuité de la maternité instaurée en 2023.
Concrètement, le projet prévoit la réhabilitation et l’équipement de seize maternités réparties dans trois provinces pilotes : le Kasaï-Oriental, Kinshasa et le Kongo-Central. L’objectif est d’améliorer l’accès des femmes et des nouveau-nés à des soins de qualité, en renforçant notamment les services de soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU).
Des infrastructures et des compétences renforcées
Selon le coordonnateur du CNCSU, Polydor Mbongani, le projet comprend plusieurs axes d’intervention. Il s’agit d’abord de réhabiliter les maternités et d’améliorer l’accès à l’eau potable, puis de doter les structures de santé en équipements médicaux. La formation continue des prestataires en soins obstétricaux et néonatals d’urgence ainsi qu’en soins humanisés est également prévue, de même que la prise en charge médicale et chirurgicale des fistules obstétricales.
Le renforcement des capacités ne se limite pas aux seuls médecins : les sages-femmes et les techniciens de surface sont aussi concernés. Cette approche vise à garantir un environnement plus sûr et plus professionnel autour de l’accouchement, un moment critique pour la santé de la mère et de l’enfant.
La digitalisation et la sensibilisation comme leviers
Le projet accorde une place importante à la digitalisation de la gestion sanitaire et du suivi des patientes. La Fondation Vodacom, partenaire du consortium, entend contribuer à cet axe en rapprochant l’information sanitaire des communautés. Selon sa représentante, Roliane Yulu, le numérique doit permettre d’améliorer la prise en charge des femmes et des nouveau-nés.
Parallèlement, des campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive, la planification familiale et la prévention du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles seront menées. L’UNFPA, qui apporte son expertise technique et financière, insiste sur l’amélioration de la qualité des soins et le renforcement des compétences des ressources humaines en santé.
Un enjeu de santé publique local
Lors du lancement, le ministre provincial de la Santé a appelé à intégrer dans le projet des actions de lutte contre les mariages précoces, qu’il considère comme l’un des facteurs favorisant les grossesses précoces et la mortalité maternelle. Cette dimension locale souligne l’importance d’adapter les interventions aux réalités du terrain.
Le projet « Bomoyi ya mama na muana » s’inscrit dans la mise en œuvre de la Couverture santé universelle en RDC, avec un accent particulier sur la santé de la mère et du nouveau-né. En ciblant seize maternités dans trois provinces, il constitue une première étape concrète pour améliorer les conditions d’accouchement et réduire les décès évitables.
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Article Ecrit par Amissi G
Sources: radiookapi.net, actu30.cd
