Le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, a consacré la journée fériée du lundi 3 août 2026 à une visite de terrain sur le chantier de l’École primaire et secondaire Matari, dans la chefferie de Mayogo-Mabozo, à Isiro. Un déplacement qui, au-delà du symbole, interroge la capacité de la province à rattraper un retard éducatif hérité de l’époque coloniale.
Un projet entièrement provincial pour rompre avec le passé
Financée intégralement par le gouvernement provincial, la construction de cette école vise à offrir aux élèves des conditions d’apprentissage modernes. Les apprenants doivent quitter les anciens bâtiments coloniaux, jugés vétustes et inadaptés aux exigences actuelles de l’enseignement. Depuis l’indépendance, aucune infrastructure scolaire de cette envergure n’avait été érigée par un exécutif provincial dans cette entité. L’initiative marque donc une rupture, mais soulève aussi la question de la pérennité de tels investissements dans un contexte budgétaire souvent contraint. Pour les familles de Mayogo-Mabozo, ce chantier incarne l’espoir de voir leurs enfants étudier dans un cadre digne, loin des salles exiguës et délabrées qui freinent l’apprentissage.
Le gouverneur au chevet des délais et de la qualité
Sur place, Jean Bakomito Gambu s’est entretenu avec les responsables du chantier. L’objectif affiché : vérifier l’état d’avancement des travaux, le respect des normes de qualité et des délais d’exécution. Cette présence inopinée, un jour férié, traduit une volonté de contrôle direct, mais aussi une pression implicite sur les opérateurs. Pour les habitants de Mayogo-Mabozo, c’est le signe que ce projet ne doit pas rester une promesse électorale sans lendemain. En se rendant personnellement sur le terrain, le gouverneur envoie un message clair : l’exécutif provincial entend assumer sa responsabilité dans la fourniture de services publics essentiels, même dans les zones longtemps marginalisées.
Un rattrapage scolaire qui engage la responsabilité publique
La construction de l’école Matari illustre un enjeu plus large : celui de la décentralisation effective des compétences éducatives. Si le gouvernement provincial assume ici un rôle de maître d’ouvrage, il devra aussi garantir le suivi, l’équipement et l’affectation d’enseignants qualifiés. Sans cela, le bâtiment neuf risquerait de n’être qu’une coquille vide. La population, elle, attend des actes concrets qui transforment durablement le quotidien des élèves. Dans une province où les infrastructures scolaires restent largement héritées de la colonisation, ce projet pourrait devenir un modèle de réappropriation des politiques éducatives par les autorités locales. Reste à savoir si les moyens suivront pour faire de cette école un véritable levier de développement humain.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
