Le processus de Doha sur la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo reste un dossier ouvert. Corneille Nangaa, figure de l’AFC-M23, affirme que les discussions ne sont pas terminées, malgré les désaccords persistants avec Kinshasa. Il assure que sa délégation a répondu à une demande du président Félix Tshisekedi, formulée après la chute de Goma et de Bukavu. « Nous sommes arrivés à Doha à la demande de Tshisekedi », déclare-t-il.
Selon Corneille Nangaa, le chef de l’État congolais aurait sollicité l’implication du Qatar pour ouvrir des discussions entre les parties. Cette version n’est pas confirmée par les autorités congolaises, qui ont une lecture différente de l’évolution du processus.
Un dialogue revendiqué, des accusations contre Kinshasa
Corneille Nangaa assure que son mouvement reste favorable à une solution négociée. « Nous sommes des hommes épris de paix et nous avons toujours considéré que la crise congolaise doit se résoudre par le dialogue », soutient-il. Il accuse toutefois le pouvoir de Kinshasa d’utiliser le processus de Doha comme un moyen de gagner du temps.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de profond désaccord politique. Malgré ces tensions, Corneille Nangaa estime que les discussions ne sont pas définitivement compromises. « Doha n’est pas mort », affirme-t-il, ajoutant que son camp demeure attaché au dialogue et à la recherche d’une issue pacifique.
Des attaques directes contre le président Tshisekedi
Dans son intervention, Corneille Nangaa a tenu des propos virulents à l’endroit du président Félix Tshisekedi, auquel il attribue une responsabilité centrale dans la crise politique et sécuritaire. « Le problème au Congo, c’est monsieur Tshisekedi », déclare-t-il. Il met en cause ce qu’il présente comme l’illégitimité du pouvoir, des mensonges et des détournements. Ces accusations traduisent une position politique et ne constituent pas des faits judiciairement établis.
L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) accuse également Félix Tshisekedi de vouloir concentrer le pouvoir et compare son mode de gouvernance à celui de l’ancien président Mobutu Sese Seko.
La question des prisonniers et le rôle de Joseph Kabila
Corneille Nangaa est également revenu sur la situation de l’ancien président Joseph Kabila. Il estime que ce dernier devrait bénéficier, en tant qu’ancien chef de l’État, d’une considération et d’une protection particulières. Il critique le recours à d’anciens dirigeants étrangers dans certaines initiatives de médiation, estimant que Joseph Kabila pourrait contribuer à la recherche d’une solution.
La question des détenus figure parmi les sujets évoqués. Corneille Nangaa dénonce une contradiction entre les négociations sur la libération de prisonniers et de nouvelles arrestations qui pourraient intervenir. « Nous sommes à Doha, nous discutons des prisonniers, de la libération de nos prisonniers », explique-t-il. Il juge « aberrant » que, pendant que les parties discutent de la situation des détenus, d’autres personnes puissent être arrêtées.
Pour Corneille Nangaa, l’avenir du processus dépendra de la volonté des parties de maintenir le dialogue et de respecter les engagements. Malgré les divergences, il affirme que son camp entend poursuivre les discussions et privilégier une issue négociée. Le processus de Doha demeure confronté à d’importants défis, dans un contexte où les positions politiques et sécuritaires restent éloignées.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
