Des milliers de familles continuent de quitter leurs villages dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, en raison des affrontements entre l’AFC-M23 et les combattants Wazalendo. Vendredi 21 août, la société civile de Katoyi a exprimé sa crainte d’une aggravation des risques sanitaires pour ces populations déplacées, alors que les structures de santé de la région disposent de moyens limités. Cette situation illustre comment l’insécurité armée peut rapidement fragiliser l’accès aux soins et augmenter la vulnérabilité des civils.
Des combats qui vident les localités
De violents combats ont été signalés la veille jusque tard dans la soirée dans le groupement Ufamandu 1er, au sud du territoire de Masisi. Selon des sources locales, la grande agglomération de Remeka ainsi que les villages de Myano et Katuunda ont notamment été touchés. Plusieurs autres localités de cette entité seraient également presque entièrement vidées de leurs habitants. Les populations ont principalement fui vers Ufamandu 2, dans le secteur de Katoyi, ainsi que vers Waloa Loanda, dans le territoire voisin de Walikale. Ces déplacements massifs et soudains mettent sous pression les communautés d’accueil, souvent déjà confrontées à des ressources limitées.
Des structures sanitaires faiblement approvisionnées
Face à ces déplacements, la société civile de Katoyi s’inquiète des conditions sanitaires dans les zones d’accueil. Elle estime que l’afflux de personnes déplacées, combiné au faible approvisionnement des structures de santé, pourrait accroître les risques de propagation des maladies. Cette inquiétude intervient alors que la RDC fait face à une épidémie d’Ebola dans l’Est et le nord-est du pays. La société civile appelle ainsi les autorités et les organisations humanitaires à apporter une assistance urgente aux populations déplacées. Elle insiste notamment sur la nécessité de renforcer l’accès aux soins et les mesures de prévention dans les zones qui accueillent ces familles. Concrètement, cela signifie qu’il faut garantir la disponibilité de médicaments essentiels, de personnel soignant et de dispositifs d’hygiène pour éviter que des maladies évitables ne se propagent dans des environnements surpeuplés.
Une situation volatile sur plusieurs axes
D’autres affrontements ont également été signalés jeudi à Nkingwe, dans le groupement Bashali Mokoto, au nord-ouest de Masisi, près de l’axe menant vers Pinga, dans le territoire de Walikale. Selon des notabilités locales, les combattants Wazalendo auraient repoussé une attaque de l’AFC-M23. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. Elles indiquent que la situation reste volatile dans plusieurs zones de Masisi, où les affrontements continuent d’alimenter les déplacements de populations et de compliquer l’accès aux services essentiels. Cette instabilité rend difficile l’acheminement de l’aide humanitaire et la mise en place de réponses sanitaires durables, car les routes peuvent être coupées et les équipes médicales exposées à des risques sécuritaires.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
