La riposte contre l’épidémie d’Ebola due au variant Bundibugyo entre dans une phase décisive à l’approche de la rentrée scolaire. Le gouvernement congolais a annoncé un dispositif d’enseignement à distance dans 18 zones de santé à haut risque, une mesure qui vise à concilier continuité pédagogique et protection sanitaire. Cette décision, relayée par plusieurs médias chinois ce mercredi 19 août, intervient alors que le bilan présenté par le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, fait état de cinq provinces touchées, avec plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 300 décès, l’Ituri demeurant l’épicentre.
Une rentrée scolaire différenciée pour limiter les contacts
Le plan gouvernemental prévoit une rentrée « différenciée » fixée au 1er septembre. Dans les zones non touchées, les cours se poursuivront en présentiel. En revanche, dans les 18 zones de santé à haut risque, un « enseignement à distance léger » sera mis en place. Cette approche hybride doit permettre aux élèves de continuer à apprendre tout en réduisant les déplacements et les regroupements, principaux vecteurs de propagation du virus. La ministre de l’Éducation nationale a précisé que ce dispositif s’appliquera uniquement aux zones sous surveillance sanitaire renforcée.
Kinshasa épargnée mais sous vigilance
Le ministre de la Santé a tenu à rassurer sur la situation de la capitale : aucun cas confirmé d’Ebola n’est enregistré à Kinshasa. Pour éviter que l’épidémie n’atteigne la ville, les autorités entendent maintenir et renforcer les contrôles sanitaires, notamment le long du fleuve Congo. Cette voie de transport fluvial est un point de passage stratégique pour les personnes et les marchandises en provenance des provinces affectées. La vigilance reste donc de mise, même si la capitale n’est pas directement touchée.
Un cadre salarial pour les soignants mobilisés
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé une réunion technique consacrée au renforcement des mesures médicales. L’un des points clés a été la validation d’un cadre de prise en charge salariale pour les professionnels de santé mobilisés sur le terrain. Cette décision vise à garantir la continuité des soins et à reconnaître l’engagement des équipes en première ligne. Parallèlement, les autorités ont insisté sur la lutte contre la désinformation et les rumeurs au sein des communautés, un facteur souvent déterminant dans l’adhésion aux mesures de prévention.
La riposte contre Ebola Bundibugyo repose donc sur un double pilier : la protection des populations par des mesures ciblées et la mobilisation des ressources humaines et logistiques. L’enseignement à distance dans les zones à risque illustre la volonté de ne pas sacrifier l’éducation tout en freinant la propagation du virus. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’efficacité de ces dispositifs, alors que la rentrée scolaire approche et que la situation épidémiologique reste préoccupante dans l’Ituri.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
