L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé, jeudi 21 août, l’attribution de 70 000 doses du vaccin Ervebo pour faire face à la progression de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans l’Est et le nord-est de la République démocratique du Congo. Cette allocation vise à protéger les professionnels de santé en première ligne et à évaluer l’efficacité du vaccin contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.
Un essai clinique pour tester le vaccin contre la souche Bundibugyo
Sur les 70 000 doses annoncées, 20 000 seront utilisées dans un essai clinique de phase avancée, rapporte l’OMS. L’objectif est de déterminer si le vaccin Ervebo peut protéger contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. À ce jour, aucun vaccin ni traitement n’est officiellement homologué contre cette souche. Des données de laboratoire suggèrent toutefois qu’Ervebo pourrait offrir une certaine protection.
Cette démarche est essentielle car la souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, est moins étudiée que la souche Zaïre, contre laquelle le vaccin Ervebo a déjà démontré son efficacité. L’essai clinique permettra de recueillir des données sur l’immunogénicité et la sécurité du vaccin dans ce contexte spécifique, tout en offrant une protection potentielle aux participants.
50 000 doses pour les agents de première ligne
Les 50 000 doses restantes seront destinées aux agents de première ligne et aux professionnels de santé exposés au risque de contamination. Depuis le début de l’épidémie, plus de 160 agents de santé ont été infectés et une quarantaine sont décédés, selon les données communiquées par l’ONU. Pour Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU pour Ebola, cette allocation constitue notamment un espoir pour les personnels de santé engagés dans la riposte.
La protection des soignants est un enjeu majeur dans la lutte contre Ebola, car leur contamination affaiblit les capacités de réponse et augmente le risque de propagation dans les structures de santé. En vaccinant ces professionnels, les autorités sanitaires espèrent maintenir des services essentiels et limiter les infections nosocomiales, qui ont joué un rôle important dans les épidémies précédentes.
Une stratégie soutenue par l’OMS et Africa CDC
L’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) soutiennent cette stratégie, qui vise à renforcer la protection des populations et des professionnels les plus exposés. Cette approche combine la vaccination des soignants et la recherche clinique pour mieux comprendre l’efficacité du vaccin face à une souche moins documentée.
Cette double approche reflète une volonté de répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir. En effet, si l’essai clinique confirme l’efficacité du vaccin contre la souche Bundibugyo, cela pourrait ouvrir la voie à une homologation et à une utilisation plus large dans les régions touchées, notamment en Ituri, où l’épidémie est active. En attendant, la vaccination des agents de première ligne constitue une mesure immédiate pour réduire la mortalité et freiner la transmission.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
