L’Inspection générale des finances (IGF) a achevé, jeudi 20 août, un séminaire de vulgarisation de son Plan stratégique triennal 2026-2028 destiné aux responsables des administrations et services publics. Cette rencontre, placée sous le thème « Plan stratégique triennal 2026-2028 et contrôle systémique de l’IGF : mutation du contrôle pour une meilleure gouvernance publique en RDC », s’inscrit dans la continuité des sessions engagées depuis juin dernier.
Un contrôle systémique pour prévenir les risques
Le séminaire a mis en avant le passage progressif de l’IGF d’un contrôle classique à un contrôle systémique. Cette approche vise à examiner le fonctionnement global des systèmes de gestion publique, à identifier les failles et à prévenir les risques d’irrégularités, de fraude et de corruption. Selon les participants, cette mutation doit faire de l’IGF un service supérieur d’intelligence financière, capable d’anticiper les dérives plutôt que de seulement les constater.
Carlos Kaloto Kanyangi, directeur de cabinet adjoint au ministère de la Fonction publique, a souligné que chaque service public a le devoir de mettre en place des dispositifs électroniques pour assurer la transparence de ses activités vis-à-vis de ses administrés. Il a rappelé qu’aucune réforme ne peut survivre sans des ressources humaines de qualité, tout en reconnaissant que l’adaptation à l’innovation reste un défi dans le contexte actuel.
Audit interne et digitalisation : deux leviers de performance
Étienne Mafweni Fataki, assistant technique de COREF, et Tshibangu Luamwela, inspecteur général des finances émérite, ont insisté sur l’importance du contrôle et de l’audit interne dans l’administration publique. Ils ont expliqué que l’audit interne vise à maîtriser les risques et à instaurer un cadre favorisant la performance, en se concentrant sur la qualité de la comptabilité et la soutenabilité budgétaire.
Olga Kavira Kinyamusitu, directrice de service et conseillère au cabinet du ministre de l’Économie numérique, a plaidé pour une digitalisation intégrée de l’administration congolaise. Elle a estimé que l’État n’a pas besoin d’une multiplication des applications si les différents outils numériques ne peuvent pas communiquer entre eux. Elle a préconisé des règles communes et une source d’authentification permettant l’interconnexion des fichiers de l’État, afin de parvenir à une véritable approche gouvernementale intégrée.
Des recommandations pour une gestion publique plus efficace
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont retenu le renforcement des mécanismes de contrôle interne, l’identification et la gestion des risques, la formation des agents, l’interconnexion des systèmes d’information publics, l’amélioration de la qualité de la dépense publique et le suivi des recommandations issues des missions de contrôle et d’audit.
La réussite du Plan stratégique 2026-2028 dépend, selon les conclusions du séminaire, de l’implication de l’ensemble des acteurs de la gestion publique. Une collaboration renforcée entre l’IGF et les administrations et services publics a été présentée comme une condition essentielle pour améliorer la gouvernance et sécuriser les ressources publiques.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
