L’arrivée d’une première moto au village de Ntoto, dans le territoire de Walikale, marque un tournant concret pour des milliers d’habitants longtemps coupés du reste de la province. Ce deux-roues, accueilli avec enthousiasme le 22 juillet, est le symbole visible d’un désenclavement progressif rendu possible par l’achèvement de la première phase de la route Buhimba-Ntoto. Long de 54 kilomètres, cet axe a été entièrement financé sur fonds propres par le secteur des Wanianga, sans appui extérieur, ce qui en fait un cas d’école de développement local autofinancé.
Un chantier payé par les ressources locales
Le projet, dont le coût total est estimé à 450 000 dollars américains, est couvert par les recettes fiscales du secteur : taxes, impôts et redevances minières. Cette approche, inscrite dans le Plan quinquennal de développement local 2024-2029, illustre la volonté des autorités de transformer l’économie du territoire à partir de ses propres moyens. Pour les ménages, cela signifie que chaque franc prélevé localement est réinvesti dans des infrastructures qui améliorent directement leur quotidien.
Une moto, des effets en cascade pour les ménages
L’arrivée de ce premier engin motorisé n’est pas anecdotique. Elle réduit le temps de trajet pour les personnes, mais aussi pour les marchandises. Les produits agricoles, souvent perdus faute de débouchés, pourront être évacués plus rapidement vers les centres de consommation. Cela devrait limiter les pertes post-récolte et augmenter les revenus des cultivateurs. De même, l’accès aux biens de première nécessité, comme le sel ou le savon, devient moins coûteux car le transport n’est plus exclusivement assuré à dos d’homme.
Un maillage routier pensé pour durer
Le chef du secteur des Wanianga, le Dr Descartes Akilimali Bamwisho, explique que cette première phase n’est qu’une étape. L’objectif est de raccorder l’axe Buhimba-Ntoto au réseau Walikale-Centre-Ngora, puis, à terme, de rejoindre la cité de Nyabiondo, dans le territoire voisin de Masisi. Cette interconnexion territoriale vise à créer un véritable corridor économique local, où les flux de personnes et de biens ne seront plus entravés par l’absence de routes.
Prochaine étape : des ponts pour les poids lourds
Moins d’une dizaine de kilomètres restent à aménager pour assurer la continuité du tracé. Mais les autorités préparent déjà la deuxième phase, consacrée aux travaux de génie civil : construction de ponts et de bacs pour franchir les cours d’eau, aménagement des zones marécageuses et creusement de caniveaux. Ces ouvrages permettront le passage sécurisé des véhicules de grand gabarit, condition indispensable pour que le commerce prenne une autre dimension et que les prix des denrées baissent durablement.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
