Au moins seize personnes ont été tuées mercredi 22 juillet 2026 dans les villages de Mandeite et Ndiapanda, dans le territoire de Mambasa, à environ 165 kilomètres au sud-ouest de Bunia. L’attaque, attribuée aux rebelles des ADF, a provoqué un déplacement massif de population et la paralysie des activités socio-économiques locales. Le bilan reste provisoire, les opérations de fouille ayant été suspendues en raison de la présence persistante des assaillants dans la zone.
Un bilan provisoire et des corps toujours sur place
Selon plusieurs sources concordantes, l’incursion a eu lieu vers 13 heures dans le village de Mandeite, près de Ndiapanda Bella. Les combattants présumés des ADF ont tué au moins seize civils. Les corps des victimes se trouveraient encore sur les lieux, l’accès à la zone étant rendu difficile par la présence continue des assaillants signalés dans les environs. Les opérations de recherche et de fouille n’ont pas pu être menées à leur terme, ce qui laisse craindre un bilan plus lourd. Cette situation illustre la difficulté récurrente d’établir un décompte précis dans les zones de conflit de l’Ituri, où les groupes armés continuent d’opérer en toute impunité.
Déplacements de population et paralysie des activités
L’attaque a entraîné un exode des habitants vers des localités voisines et vers la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Les activités économiques et agricoles sont totalement paralysées dans les villages touchés, conséquence directe de l’insécurité persistante. Cette paralysie aggrave la précarité des populations déjà éprouvées par des cycles de violences récurrents dans le territoire de Mambasa. Les déplacements forcés perturbent également les circuits d’approvisionnement locaux, accentuant les risques de crise humanitaire dans une région où l’accès aux services de base reste limité.
Un appel au renforcement des FARDC
Les acteurs de la société civile attribuent la recrudescence de ces attaques au faible effectif des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans cette partie du territoire de Mambasa. Ils appellent le Gouvernement à renforcer la présence militaire afin d’assurer une meilleure protection des populations civiles et de poursuivre les opérations contre les rebelles. La faiblesse du dispositif sécuritaire est régulièrement pointée comme un facteur favorisant les incursions des groupes armés dans la région. Cette demande de renforcement intervient alors que des mouvements suspects d’hommes armés étaient signalés dans cette zone depuis le début de la semaine, sans que les capacités de réponse n’aient permis d’anticiper l’attaque.
Déploiement de la MONUSCO en appui
La Force d’intervention rapide de la MONUSCO, basée à Sayo, à une dizaine de kilomètres de Beni, s’est déployée mercredi soir dans la zone. Cette intervention vise à appuyer les patrouilles de sécurisation et à assurer la protection des populations civiles. Ce déploiement, bien que tardif par rapport aux signaux d’alerte, pourrait contribuer à stabiliser temporairement la situation et à faciliter l’accès humanitaire. Toutefois, la persistance des attaques des ADF dans le territoire de Mambasa souligne les limites des dispositifs de sécurité actuels et la nécessité d’une stratégie plus globale pour neutraliser les groupes armés dans l’est de la RDC.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
