Trois ans après la mort de Chérubin Okende, retrouvé sans vie dans sa voiture à Kinshasa en juillet 2023, la thèse du suicide retenue par le parquet reste fermement contestée. Sa famille biologique et son parti, Ensemble pour la République, maintiennent leur exigence de vérité et de justice, refusant de clore un dossier marqué par des zones d’ombre persistantes.
Une commémoration sous le signe de la contestation
Vendredi 17 juillet, une messe d’action de grâce a été célébrée à Kinshasa en mémoire de l’ancien ministre des Transports et député national. La cérémonie a réuni des membres de sa famille, des militants d’Ensemble pour la République et plusieurs personnalités politiques. Loin d’être un simple hommage, ce rassemblement a été l’occasion de réaffirmer le rejet des conclusions officielles et la volonté de poursuivre le combat politique de l’opposant disparu.
Un héritage politique revendiqué
Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République, a lié la mémoire de Chérubin Okende à la lutte contre l’arbitraire et la mauvaise gouvernance. Il a déclaré que le parti ne pouvait qu’en se remémorant sa tragique disparition jurer de ne pas abandonner la lutte menée ensemble pour l’avènement d’un Congo meilleur. Selon lui, les difficultés du pays trouvent en grande partie leur origine dans la mauvaise gouvernance et le non-respect des règles de gestion de la chose publique. Il a ajouté que certaines personnalités, une fois au pouvoir, oublient que le pays et ses ressources constituent un bien commun, et que Chérubin Okende s’était dressé contre l’arbitraire, y laissant sa vie.
Une enquête toujours réclamée
Depuis l’annonce des conclusions du parquet, la famille et les cadres du parti n’ont cessé de rejeter la thèse du suicide. Ils continuent de réclamer une enquête permettant, selon eux, d’établir toute la vérité sur les circonstances du décès. Figure de l’opposition congolaise et proche collaborateur de Moïse Katumbi, Chérubin Okende occupait une place importante au sein d’Ensemble pour la République. Sa disparition avait provoqué une vive émotion dans le pays et au sein de la classe politique.
Trois ans plus tard, ses proches insistent sur la persistance des zones d’ombre et démontrent leur volonté de maintenir vivante la mémoire de celui qu’ils présentent comme un défenseur de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’État de droit en République démocratique du Congo. Le dossier reste un point de tension entre les autorités judiciaires et une opposition qui y voit un symbole de son combat.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
