L’annonce par le président Félix Tshisekedi de son adhésion à un dialogue inclusif entre Congolais, le 17 juillet à Kinshasa, a provoqué des réactions mesurées au sein de l’opposition et de la société civile. Le chef de l’État s’est exprimé lors d’une audience avec les responsables des confessions religieuses à la Cité de l’Union africaine.
Le PPRD salue l’ouverture mais reste vigilant
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a accueilli favorablement cette initiative. Ferdinand Kambere, haut cadre du parti, estime que le président semble avoir pris en compte les revendications de l’opposition, les attentes de la population et les recommandations internationales en faveur d’un dialogue sans conditions. Il a toutefois exprimé une réserve quant aux modalités d’organisation, notamment les conditions qui pourraient figurer dans l’ordonnance présidentielle convoquant les assises.
Le responsable du PPRD espère un processus sincère permettant aux différentes composantes de la nation d’échanger « sans tabou » et de rechercher ensemble des solutions aux défis du pays. Il a déclaré : « Nous espérons que cette fois-ci le chef de l’État a compris non seulement les cris du peuple, les cris de l’opposition, les conseils de la communauté internationale, les organismes et surtout les résolutions même du Conseil de sécurité des Nations Unies pour que les Congolais se mettent sur la même table et parlent sans tabou, parlent sans conditions ».
L’ASADHO appelle à la transparence et aux compromis
Du côté de la société civile, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a également salué la décision présidentielle. Son président, Jean-Claude Katende, y voit une étape importante pour la recherche de la paix en RDC. Il félicite le chef de l’État pour avoir choisi la voie du dialogue, estimant que cette démarche peut raviver l’espoir d’une paix durable.
Jean-Claude Katende invite cependant toutes les parties à privilégier la transparence et la bonne foi. Il appelle la majorité, l’opposition, les groupes rebelles et les organisations de la société civile à s’engager dans une dynamique de compromis pour favoriser le succès du dialogue. Selon lui, la réussite dépendra de la capacité des acteurs à dépasser leurs divergences et à travailler dans l’intérêt supérieur de la nation. Il a plaidé : « Le dialogue étant maintenant la chose conquise, il est important que la majorité au pouvoir ne multiplie pas les intrigues pour contrôler ce dialogue comme cela avait été à l’époque de la Conférence nationale souveraine. En même temps aussi, les opposants comme les membres de la rébellion et la société civile, chacune de ces parties doit pouvoir jouer un jeu clair dans le sens de faire un effort pour que les compromis soient trouvés ».
Un processus sous conditions
L’initiative présidentielle intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes. Si l’opposition et la société civile reconnaissent l’ouverture, elles conditionnent leur pleine adhésion à la sincérité du processus et à l’absence de manœuvres de contrôle. Les prochaines étapes, notamment la publication de l’ordonnance présidentielle, seront scrutées avec attention par l’ensemble des acteurs.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
