Dans la commune rurale de Mongbwalu, en territoire de Djugu (Ituri), la distribution de vivres par le Programme alimentaire mondial (PAM) ne se limite pas à une simple aide d’urgence. Elle constitue un maillon essentiel pour briser la chaîne de transmission du virus Ebola, tout en répondant à une crise de sécurité alimentaire aiguë. L’opération cible 7 525 ménages, identifiés lors d’une enquête porte-à-porte, et vise à leur fournir une ration couvrant trente jours de consommation.
Une double vulnérabilité : faim et Ebola
Mongbwalu cumule deux facteurs de risque majeurs. D’une part, la zone est classée en phase IPC 3+, un niveau qui traduit une crise de sécurité alimentaire selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC). D’autre part, elle est l’un des foyers de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Cette conjonction rend la population particulièrement vulnérable, car la recherche de nourriture peut pousser les ménages à se déplacer et à multiplier les contacts, augmentant ainsi le risque de propagation du virus.
Limiter les déplacements pour freiner la contamination
En fournissant une ration alimentaire complète pour un mois, le PAM entend réduire la nécessité pour les familles de quitter leur domicile pour chercher de quoi se nourrir. Tourne Kasereka, Monitoring Assistant au sous-bureau de Bunia du PAM, explique que cette stratégie est directement liée au contexte épidémique : « L’IPC, c’est le Cadre intégré de la classification de phase de la sécurité alimentaire. C’est une analyse qui se fait chaque année pour évaluer la situation de la sécurité alimentaire et classer les zones selon leur degré de vulnérabilité. Les données analysées ont démontré que Mongbwalu se trouvait dans une phase qui nécessite véritablement un appui en sécurité alimentaire. C’est pourquoi elle a été classée en phase IPC 3+. »
Des aliments adaptés aux habitudes locales
Chaque ménage reçoit du riz, des haricots, de l’huile végétale et du sel. Ces produits ont été sélectionnés en fonction des habitudes alimentaires de la région, afin de garantir une acceptation et une utilisation optimales. L’objectif est de couvrir les besoins nutritionnels de base tout en respectant les pratiques culinaires locales, ce qui renforce l’efficacité de l’aide.
Un financement international crucial
Cette opération est rendue possible grâce au soutien de partenaires internationaux, au premier rang desquels figure le gouvernement des États-Unis. Les sacs distribués portent d’ailleurs le logo de ce bailleur. Tourne Kasereka souligne : « Les États-Unis figurent parmi nos plus grands bailleurs. Ils financent une part importante de nos activités. Lorsque vous voyez leur logo sur les sacs distribués, cela signifie qu’ils font partie des partenaires qui rendent cette assistance possible. »
Le PAM indique que cette distribution pourrait être renouvelée dans les prochaines semaines, sous réserve de la disponibilité des ressources financières. L’enjeu est de maintenir un filet de sécurité alimentaire dans cette zone où les crises sanitaire et nutritionnelle s’alimentent mutuellement.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
