Une nouvelle espèce de singe africain, Colobus congoensis, a été décrite par une équipe internationale de chercheurs dans une étude publiée le 15 juillet dans la revue PLOS One. Connu localement sous le nom de Likweli, ce petit primate au pelage noir vit dans une zone restreinte de l’est du bassin du Congo, entre les rivières Lomami et Congo (Lualaba), en République démocratique du Congo. Cette découverte, fruit de plusieurs années d’observations, met en lumière la richesse biologique encore méconnue de cette région et soulève des questions urgentes sur sa conservation.
Un singe discret identifié grâce à la science
Entre 2018 et 2022, les chercheurs ont recensé 114 observations de l’animal sur une aire de répartition estimée à environ 1 700 km². Pour confirmer qu’il s’agissait bien d’une espèce distincte, ils ont combiné plusieurs approches : l’analyse morphologique, qui a révélé des traits physiques uniques ; l’analyse génétique, qui a montré une divergence par rapport aux autres colobes ; et l’analyse acoustique, qui a permis de différencier ses vocalisations. Concrètement, Colobus congoensis se distingue par sa petite taille, son pelage noir, une tache orangée à crème autour de la bouche sur un visage autrement noir, ainsi qu’une tache blanche dans la région périnéale. Ces caractéristiques, bien que subtiles pour un œil non averti, sont des marqueurs clés pour les scientifiques.
Un habitat sous pression dans la région de la Lomami
L’essentiel de l’aire connue de l’espèce se situe dans le parc national de la Lomami, une zone protégée qui joue un rôle crucial pour sa survie. Mais cette région n’est pas à l’abri des menaces. L’étude souligne que l’augmentation de la pression de chasse et la transformation de l’habitat, notamment par l’agriculture ou l’exploitation forestière, pèsent sur la population de Likweli. Avec une aire de répartition aussi réduite, chaque perturbation peut avoir des conséquences disproportionnées. Les chercheurs insistent sur le fait que la protection de ce parc et l’implication des communautés locales sont les principales mesures recommandées pour assurer la survie de l’espèce.
Un classement « En danger » pour alerter et agir
Face à ces risques, les auteurs proposent un classement préliminaire de Colobus congoensis dans la catégorie « En danger » (Endangered) de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cette classification, qui repose sur des critères précis, reflète la faible superficie de son aire de répartition, la taille limitée de sa population et les menaces documentées. Elle vise à attirer l’attention des autorités et des bailleurs de fonds sur l’urgence d’agir. Pour le lecteur, cela signifie que sans mesures concrètes, ce singe récemment découvert pourrait disparaître aussi vite qu’il a été identifié.
La conservation, une affaire de science et de communautés
L’étude ne se contente pas de décrire une nouvelle espèce ; elle trace une feuille de route pour sa protection. La présence du parc national de la Lomami offre une base solide, mais les chercheurs rappellent que la conservation ne peut réussir sans les populations locales. Impliquer les communautés dans la gestion des ressources et la surveillance de la faune est une approche qui a fait ses preuves ailleurs. Dans le cas du Likweli, cela pourrait passer par des programmes de sensibilisation, des alternatives à la chasse ou un écotourisme maîtrisé. La découverte de Colobus congoensis est ainsi une invitation à mieux connaître et protéger les forêts du bassin du Congo, dont la biodiversité reste en grande partie à explorer.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
