L’épidémie d’Ebola continue de frapper durement la République démocratique du Congo, avec un bilan actualisé de 2 011 cas confirmés et 744 décès, soit un taux de létalité de 37,5 %. Auditionné mercredi 16 juillet à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a détaillé les efforts de riposte tout en reconnaissant les obstacles persistants. L’Ituri reste l’épicentre de cette crise sanitaire, concentrant près de 90 % des cas.
L’Ituri, principal foyer de l’épidémie
La province de l’Ituri est de loin la plus touchée par la maladie à virus Ebola. Selon les données présentées aux députés nationaux, elle concentre près de 90 % des cas confirmés dans le pays. Le Nord-Kivu suit avec environ 9 % des cas, tandis que le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo se partagent le pourcentage restant. Cette concentration géographique fait de l’Ituri le front prioritaire de la lutte, dans un contexte marqué par des difficultés d’accès à certaines zones en raison de l’insécurité et des problèmes logistiques.
Un dépistage accéléré pour freiner la transmission
Face à l’ampleur de l’épidémie, le gouvernement affirme avoir renforcé sa réponse sanitaire. Le ministre Kamba a mis en avant le déploiement de plus de 14 laboratoires et l’obtention des résultats de dépistage en moins de 24 heures. « Tous les cas sont aujourd’hui testés et le diagnostic est donné souvent dans les 24 heures par l’INRB », a-t-il précisé. Cette rapidité est cruciale pour isoler rapidement les personnes infectées et limiter la propagation du virus. Plus de 700 lits ont également été déployés en un mois et demi pour la prise en charge des malades.
Des obstacles persistants sur le terrain
Malgré ces avancées, le ministre a reconnu que plusieurs facteurs compliquent la riposte. Les difficultés de mobilité dans certaines zones touchées et la méconnaissance de la maladie par une partie de la population entraînent parfois un retard dans le dépistage et la prise en charge. Ces retards augmentent les risques de transmission communautaire, un défi majeur pour les équipes sanitaires. Le ministre a toutefois rassuré sur la situation à Kinshasa, affirmant que la capitale n’a enregistré aucun cas positif d’Ebola depuis le début de cette flambée épidémique.
Une réponse saluée mais sous pression
Le ministre a souligné que la réponse développée en deux mois a été jugée « très robuste » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’audition à l’Assemblée nationale a permis aux élus d’évaluer les efforts engagés et de mesurer l’ampleur des défis restants. Alors que l’épidémie continue de sévir, la priorité reste de renforcer l’accès aux soins, la surveillance épidémiologique et la sensibilisation des communautés, en particulier dans les zones les plus reculées et instables de l’Ituri.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
