La ville de Kindu, chef-lieu du Maniema, a été le théâtre d’une mobilisation citoyenne ce mercredi 15 juillet 2026. La population est descendue dans la rue pour exprimer son ras-le-bol face à la dégradation continue des services de la Société nationale d’électricité (SNEL) et de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO). Un cri d’alarme qui met en lumière les failles d’un service public pourtant essentiel au quotidien des habitants. Comment expliquer que des entreprises publiques, financées par les contribuables, peinent à fournir l’électricité et l’eau potable ?
Des coupures d’électricité qui paralysent la ville
Les abonnés de la SNEL à Kindu vivent au rythme des délestages intempestifs. Plusieurs quartiers sont régulièrement plongés dans l’obscurité, perturbant les activités économiques et la vie familiale. Les habitants dénoncent une situation devenue insupportable, d’autant qu’ils affirment honorer leurs factures. Ce paradoxe entre paiement et absence de service alimente un sentiment d’injustice et d’abandon. Pour les commerçants, les coupures prolongées signifient des pertes de marchandises périssables et une baisse de revenus. Pour les familles, c’est l’impossibilité de conserver des aliments ou d’éclairer les soirées d’étude des enfants. La SNEL, censée être le moteur du développement local, apparaît aujourd’hui comme un frein au quotidien des Kinduois.
L’accès à l’eau potable, un défi quotidien
Du côté de la REGIDESO, le constat est tout aussi amer. En pleine saison sèche, l’approvisionnement en eau potable devient un parcours du combattant pour de nombreux ménages. Les robinets restent à sec, obligeant les familles à recourir à des sources alternatives souvent non traitées, avec les risques sanitaires que cela comporte. La population s’interroge sur la gestion de l’entreprise publique, censée garantir un accès universel à l’eau. Cette pénurie frappe durement les plus vulnérables : les femmes et les enfants parcourent de longues distances pour trouver de l’eau, au détriment d’autres activités. La saison sèche exacerbe les tensions, et chaque jour sans eau courante rappelle l’urgence d’une solution durable. La REGIDESO, malgré les paiements réguliers des abonnés, ne parvient pas à assurer un service continu, ce qui soulève des doutes sur l’utilisation des ressources collectées.
ENABEL, un modèle de coopération qui contraste
Dans ce contexte de pénurie, l’agence belge de coopération ENABEL est citée en exemple par certains habitants. Ses interventions dans la région sont perçues comme plus efficaces et mieux ciblées. Ce contraste met en exergue les difficultés de la REGIDESO à remplir sa mission de service public, et soulève des questions sur la gouvernance des entreprises publiques congolaises. Pourquoi une agence étrangère semble-t-elle mieux répondre aux besoins locaux que les structures nationales ? Cette comparaison, bien que flatteuse pour ENABEL, est un révélateur des lacunes institutionnelles. Elle interroge sur la capacité de l’État à gérer directement les services essentiels, et sur la nécessité de repenser les partenariats pour garantir l’accès à l’eau et à l’électricité.
Un appel pressant aux autorités
Face à cette double crise, la population de Kindu ne se contente pas de constater les dégâts. Elle interpelle directement les autorités provinciales et nationales. Les manifestants exigent des mesures concrètes pour que la SNEL et la REGIDESO améliorent leurs prestations, ou à défaut, qu’elles rendent des comptes sur l’utilisation des ressources mises à leur disposition. Les forces vives locales estiment qu’une réforme en profondeur de ces secteurs est indispensable pour garantir aux citoyens l’accès aux services essentiels. La balle est désormais dans le camp des décideurs. Cette mobilisation rappelle que l’accès à l’électricité et à l’eau potable n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. À Kindu, la patience a des limites, et la rue l’a fait savoir.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
