Lancée le lundi 13 juillet 2026, une vaste opération de démantèlement des marchés pirates et constructions anarchiques a secoué plusieurs communes de Kinshasa. Portée par le programme quinquennal « Kinshasa Ezo Bonga » du gouverneur Daniel Bumba Lubaki, cette intervention de la Police d’assainissement et de salubrité publique soulève une question centrale : au-delà de la libération des espaces publics, comment garantir que ces mesures profitent durablement aux citoyens sans aggraver leur précarité ?
Une opération sous tension dans les rues de la capitale
Sous la direction du Major Michel Atiakumu, les brigadiers ont ciblé les communes de Kinshasa, Kalamu et Kasa-Vubu. Sur les avenues Triomphale et Kasa-Vubu, notamment aux abords du Stade des Martyrs, les installations irrégulières ont été démantelées. Ces dépôts et constructions gênaient la circulation et réduisaient la visibilité de certains postes de police, selon les autorités. L’intervention s’est poursuivie dans le quartier Matonge, sur l’avenue Oshwe, avant de se terminer vers 21 heures sur l’avenue Shaba. Avant le début des opérations, le Major Atiakumu a sensibilisé les riverains et propriétaires sur le respect des normes d’occupation de l’espace public et la nécessité de préserver un environnement sain.
Le programme « Kinshasa Ezo Bonga » à l’épreuve du terrain
Cette campagne s’inscrit dans la vision du gouverneur Daniel Bumba Lubaki, qui ambitionne d’instaurer une culture de propreté et de civisme dans les 24 communes de la ville. Les autorités provinciales appellent les habitants à éviter l’installation de marchés improvisés sur les routes, l’obstruction des caniveaux et le dépôt de déchets dans les espaces publics. Mais la mise en œuvre de ces directives révèle un rapport de force délicat : d’un côté, la nécessité de restaurer l’ordre urbain et la salubrité ; de l’autre, la réalité de milliers de Kinois qui dépendent de ces activités informelles pour survivre. Comment concilier assainissement et justice sociale ?
Quel avenir pour les occupants des espaces démantelés ?
Si le Major Atiakumu a annoncé la poursuite des opérations dans d’autres zones de la capitale, aucune précision n’a été donnée sur les mesures d’accompagnement des personnes affectées. Les riverains sensibilisés avant l’intervention ont-ils reçu des alternatives concrètes ? Le silence des autorités sur ce point laisse craindre un déplacement de la précarité plutôt qu’une solution durable. Pour que « Kinshasa Ezo Bonga » ne se résume pas à une opération coup de poing, il faudra que la puissance publique assume sa responsabilité en proposant des voies de régularisation ou de relocalisation. Sans cela, le risque est grand de voir renaître ces marchés pirates dès que la pression policière retombera.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
