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Mbuji-Mayi : la flambée des prix des mèches, un rituel coûteux des vacances scolaires

À Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Oriental, les vacances scolaires riment avec une tradition capillaire qui pèse sur le budget des ménages. Chaque année, la publication des résultats de l’Examen d’État déclenche une ruée vers les salons de coiffure, où les jeunes filles célèbrent leur réussite en se faisant tresser les cheveux. Cette affluence soudaine, amplifiée par la levée des interdits scolaires sur les coiffures, provoque une flambée des prix des mèches sur les marchés locaux.

Une demande exceptionnelle qui dicte les prix

Le mécanisme est simple : en quelques semaines, des centaines d’élèves se précipitent chez les coiffeuses, créant une pression inédite sur l’offre de mèches. Lisette Mitongu, grossiste sur le marché, explique cette dynamique par la loi de l’offre et de la demande. « Auparavant, on achetait le Michelle à 2.700 francs, l’Outré à 2.300 francs ainsi que les mèches de couleur. Maintenant, le Michelle coûte 2.800 francs (1.2 USD). L’Outré, on l’achète à 2.700 francs. Si vous cherchez du noir, c’est à 2.400 francs. Il y a aussi la mèche Royal que l’on achetait à 3.000 francs, mais qui coûte désormais 4.000 francs », détaille-t-elle. Ces hausses, bien que modestes en valeur absolue, représentent un surcoût significatif pour les familles qui doivent coiffer plusieurs enfants.

Des coiffeuses confrontées à une pénurie

Dans les salons, le constat est le même. Diane Kena, propriétaire du salon DIAKEN Beautiful, confirme à la fois l’augmentation des tarifs et la difficulté à s’approvisionner. « Il y a une hausse des prix et aussi une pénurie de mèches sur le marché. C’est dû aux vacances des élèves parce que toutes celles qui étaient en cours sont maintenant en congé. Elles viennent se tresser les cheveux avec des mèches », rapporte-t-elle. Cette pénurie touche particulièrement les références les plus populaires, obligeant les coiffeuses à composer avec des stocks limités ou à répercuter les coûts sur leurs clientes.

Le dilemme des parents face à la pression sociale

Pour de nombreux parents, offrir une belle coiffure à leur fille est devenu un rituel incontournable des grandes vacances, un symbole de liberté après des mois de discipline scolaire. Mais cette pression sociale se heurte à la réalité économique. Jeannine Mbelu, mère de cinq enfants dont trois filles, témoigne de ses difficultés : « Moi, j’ai trois filles. Il y a certainement une hausse des prix sur le marché. Il y a aussi certaines mèches que nous cherchons sans les trouver. Comme la mèche Royal. Nous avons cherché sans succès. C’est ce qui est à la mode. C’est ce que les enfants préfèrent », déplore-t-elle. Son cas illustre le fossé entre les aspirations des adolescentes et les moyens limités des ménages, dans un contexte où la rareté alimente la spéculation.

Un phénomène économique et social récurrent

La flambée saisonnière des prix des mèches à Mbuji-Mayi n’est pas un accident, mais un rendez-vous économique désormais bien ancré dans le calendrier des grandes vacances au Kasaï-Oriental. Elle met en lumière la vulnérabilité des consommateurs face à un marché peu régulé, où les commerçantes ajustent leurs tarifs en fonction d’une demande prévisible. Pour les familles, cette dépense supplémentaire vient s’ajouter aux autres frais des congés scolaires, renforçant les inégalités d’accès à ce qui est perçu comme un marqueur social. Sans mécanisme de stabilisation des prix ou diversification de l’offre, ce pic annuel continuera de peser sur le budget des ménages les plus modestes.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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