Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des médecins en blouse blanche repoussés par des policiers à l’aide de jets d’eau, devant l’hôtel du gouvernement à Kinshasa. Ces professionnels de santé tenaient un sit-in pour réclamer leur alignement à la prime de risque, une revendication qui met en lumière les tensions autour de la reconnaissance financière du personnel soignant en République démocratique du Congo.
Une nuit d’attente avant la dispersion
Selon le docteur Bakandi Mbula Felly, coordonnateur de l’ONG Sauvons la Corporation Médicale, les médecins s’étaient rassemblés le mardi 14 juillet dans l’espoir d’être reçus par le ministre de la Santé. N’ayant pas obtenu d’audience, ils ont passé la nuit sur place. Le lendemain matin, alors qu’ils attendaient toujours, les forces de l’ordre sont intervenues. « Le matin, pendant qu’ils étaient là, devant l’immeuble intelligent, en attendant leur réception par le ministre de la santé, ils ont vu la police les brutaliser, un médecin a même été tabassé, et d’autres ont été aspergés d’eau », a-t-il déclaré.
Un traitement jugé indigne par la corporation
Le docteur Bakandi a vivement critiqué ce qu’il qualifie de traitement « indigne » infligé à des cadres de la société. Il rappelle que les médecins, comme tout citoyen, ont le droit de revendiquer leurs droits. Il appelle à l’identification des policiers impliqués pour qu’ils répondent de leurs actes. « Nous allons où dans ce pays, où les médecins sont maltraités de cette manière, seulement parce qu’ils ont réclamé un droit qui est légitime », s’est-il interrogé.
Le non-respect des accords de Bibwa en cause
Au cœur des revendications figure le respect des accords de Bibwa, qui prévoient l’alignement de 800 médecins par trimestre. Or, selon le docteur Bakandi, le dernier alignement remonte au troisième trimestre 2025, alors que le nombre de médecins non payés s’élève aujourd’hui à environ 5 800. Ce retard dans l’application de l’accord aggrave la précarité de nombreux professionnels de santé, déjà confrontés à des conditions de travail difficiles.
Une grève qui paralyse les hôpitaux publics
Depuis début juin, les médecins de plusieurs syndicats du secteur public observent une grève sèche. Ils réclament le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire et l’amélioration de leurs conditions de travail. Face à l’absence de réponse, ils ont lancé l’opération « hôpitaux sans médecins », entraînant une paralysie des établissements publics de santé à travers le pays. Cette situation risque d’aggraver l’accès aux soins pour la population, déjà fragilisée par un système de santé sous tension.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
