Plusieurs infrastructures du Programme de développement local des 145 territoires (PDLT-145T) au Kasaï-Central restent inachevées ou inutilisables, faute d’équipements et de financements. C’est ce que révèle la Société civile du peuple (SOCIPE) dans une correspondance adressée à la Première ministre Judith Suminwa, dont copie est parvenue à Radio Okapi dimanche 12 juillet 2026. Ce constat met en lumière les conséquences concrètes pour les populations locales : des écoles sans bancs ni eau, des centres de santé vides de matériel médical, et des chantiers à l’arrêt depuis deux ans.
Des chantiers figés entre 60 et 75 % d’avancement
Selon la SOCIPE, les travaux de construction de bâtiments administratifs, d’écoles et de centres de santé dans les territoires de Luiza, Kazumba, Demba, Dibaya et Dimbelenge sont interrompus depuis deux ans. Le niveau d’avancement est estimé entre 60 et 75 %, mais le manque de financement bloque toute progression. Cette situation signifie que des investissements déjà réalisés ne produisent aucun bénéfice pour les habitants, qui attendent ces services de base.
Des écoles sans bancs ni forages : l’impact sur les élèves
Même lorsque les bâtiments scolaires sont sortis de terre, ils restent souvent inexploitables. La SOCIPE indique que plusieurs écoles déjà construites ne disposent ni de bancs, ni de forages, ni d’autres équipements essentiels. Pour les élèves, cela se traduit par des cours dans des conditions précaires, assis à même le sol, sans accès à l’eau potable. L’absence de ces aménagements de base compromet la qualité de l’apprentissage et la santé des enfants.
Des centres de santé sans matériel médical ni médicaments
Le même déficit touche les structures sanitaires. Les centres de santé construits dans le cadre du PDLT-145T manquent de matériels médicaux, de médicaments et de mobilier. Concrètement, un bâtiment de santé sans équipement ne peut pas assurer des consultations, des accouchements ou des soins d’urgence. Les patients doivent parcourir de longues distances pour trouver des structures fonctionnelles, ce qui retarde les prises en charge et aggrave les risques sanitaires.
Un appel au déblocage des fonds pour achever les ouvrages
Dans sa lettre de plaidoyer datée du 10 juillet, la SOCIPE salue les efforts du Gouvernement en matière d’infrastructures, mais dénonce ces insuffisances. Elle demande à la Première ministre de s’impliquer pour que les fonds nécessaires soient débloqués afin d’achever ces infrastructures. L’organisation plaide aussi pour la réhabilitation des routes de desserte agricole prévues dans le programme, afin d’améliorer les conditions de vie des populations du Kasaï-Central. Sans ces routes, l’évacuation des produits agricoles reste difficile, ce qui freine l’économie locale et l’accès aux marchés.
Ce blocage illustre un problème récurrent dans la mise en œuvre des projets de développement : le décalage entre la construction des murs et la fourniture des équipements indispensables à leur fonctionnement. Pour les ménages, l’attente se prolonge et les besoins essentiels restent non couverts, malgré les investissements publics déjà consentis.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
