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Nord-Kivu : la fermeture de la frontière fait chuter les prix des bananes de moitié

La fermeture de la frontière entre Kasindi et Lubiriha, dans le Nord-Kivu, décidée pour contenir l’épidémie d’Ebola, a des répercussions concrètes sur les producteurs de bananes de la région. Privés de leurs principaux acheteurs ougandais, ils voient leurs revenus chuter de moitié, tandis que les consommateurs locaux profitent temporairement de prix plus bas. Cette situation illustre comment une mesure sanitaire peut fragiliser une économie agricole déjà précaire.

Un marché déséquilibré par la fermeture de la frontière

Avant la fermeture, les acheteurs venus d’Ouganda traversaient régulièrement la frontière pour s’approvisionner en bananes, constituant un débouché majeur pour les producteurs de Kasindi-Lubiriha. Désormais, ces échanges sont interrompus. La demande a fortement baissé, et les prix se sont effondrés : un régime de bananes qui se vendait entre 30 000 et 40 000 francs congolais ne trouve plus preneur qu’entre 15 000 et 20 000 francs congolais. Cette baisse de 50 % reflète un marché soudainement déséquilibré, où l’offre dépasse largement la demande locale.

Des producteurs face à un manque à gagner

Pour les agriculteurs, la chute des prix signifie un manque à gagner immédiat. Heri Katembo Sibendire, acteur communautaire de Kasindi-Lubiriha, explique que « les acheteurs venus d’Ouganda ne traversent plus la frontière fermée, ce qui réduit fortement la demande ». Sans ces clients habituels, les producteurs peinent à écouler leur récolte. Certains pourraient être contraints de laisser pourrir une partie de la production, faute de débouchés rentables. Cette perte de revenus menace la viabilité des exploitations, surtout pour les petits producteurs qui dépendent de cette culture pour vivre.

Un avantage temporaire pour les consommateurs locaux

Si les producteurs souffrent, les consommateurs de la région bénéficient, à court terme, de prix plus abordables. Les bananes, aliment de base dans de nombreux foyers, sont devenues plus accessibles. Cependant, cet avantage est fragile : si la fermeture de la frontière se prolonge, les producteurs pourraient réduire leurs surfaces cultivées ou abandonner cette activité, ce qui entraînerait à terme une raréfaction de l’offre et une remontée des prix. L’économie locale risque donc de subir un contrecoup durable.

Des appels à des mesures d’accompagnement

Face à cette situation, les leaders locaux exhortent les autorités à mettre en place des mesures d’accompagnement pour soutenir les producteurs. L’objectif est d’éviter un effondrement de l’économie agricole dans la région, déjà fragilisée par l’épidémie d’Ebola. Sans intervention, les pertes pourraient s’aggraver, avec des conséquences sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de nombreuses familles. La fermeture de la frontière, bien que nécessaire pour des raisons sanitaires, appelle donc des réponses économiques adaptées pour protéger les populations les plus vulnérables.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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