Dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, plus de 2 700 ménages déplacés survivent sans assistance humanitaire, selon les données communiquées par Benjamin Mungazi, président de la Nouvelle société civile du Congo. Ces familles, qui ont fui les violences dans les localités de Katasomwa, Bishaka, Ziralo, Lumbishi et plusieurs villages du territoire voisin de Masisi au Nord-Kivu, sont réparties sur cinq sites d’accueil : 982 ménages à Mukwija et Kiniezire, 351 à Humule, 256 à Mweha, 995 à Nyabibwe et 198 à Bushuki. Cette dispersion complique l’acheminement d’une aide déjà inexistante, exposant les déplacés à des risques sanitaires et nutritionnels croissants.
Une répartition géographique qui fragilise l’accès aux services de base
L’éparpillement des ménages sur plusieurs sites, parfois isolés, rend difficile toute intervention coordonnée. À Mukwija et Kiniezire, où se concentre le plus grand nombre de déplacés, les abris de fortune ne protègent pas des intempéries. L’absence d’eau potable et de latrines augmente le risque de maladies hydriques, comme la diarrhée, particulièrement dangereuse pour les enfants. Les familles dépendent de la solidarité des résidents locaux, eux-mêmes en situation de précarité. « Nous vivons grâce à la solidarité de quelques habitants, mais eux aussi n’ont presque rien », témoigne un déplacé de Mukwija. Cette entraide informelle ne peut pas remplacer une réponse humanitaire structurée.
Des besoins vitaux non couverts : faim, soins et abris
Sur les sites, les déplacés manquent de tout. La nourriture est rare : « Nous passons souvent toute une journée sans manger », rapporte une femme rencontrée à Nyabibwe. Les enfants tombent malades, mais les familles n’ont ni argent ni médicaments. L’absence de soins de santé aggrave des pathologies bénignes qui, sans traitement, peuvent devenir mortelles. Les abris précaires exposent les déplacés au froid et aux insectes vecteurs de maladies. Benjamin Mungazi décrit une situation d’abandon total et appelle à une assistance urgente en vivres, articles non alimentaires, abris, soins de santé et médicaments. Il souligne aussi le besoin d’une aide financière pour couvrir les besoins élémentaires.
L’appel à une intervention rapide pour éviter une catastrophe sanitaire
La société civile du territoire de Kalehe insiste sur l’urgence d’une réponse humanitaire. Sans action rapide, les conditions sanitaires et nutritionnelles risquent de se détériorer davantage. Les femmes, les enfants et les personnes âgées, qui constituent une grande partie des déplacés, sont les plus vulnérables. La malnutrition pourrait s’installer, affaiblissant les organismes et favorisant la propagation de maladies. Benjamin Mungazi plaide pour que le gouvernement congolais, les organisations humanitaires et les partenaires techniques et financiers interviennent avant que la situation ne se transforme en catastrophe encore plus grave. L’enjeu est de rétablir un minimum de dignité pour ces milliers de personnes qui ont tout perdu en fuyant les violences.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
