Six membres d’une même famille ont été tués dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 juillet dans la localité de Butare, agglomération de Kabizo, en chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru. L’attaque, survenue vers 21h30, a coûté la vie à l’épouse du notable local Rugamba et à ses cinq enfants – un garçon et quatre filles. Les circonstances exactes restent à établir, mais l’incident a immédiatement déclenché une controverse entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la coalition AFC/M23, qui contrôle la zone.
Une zone sous contrôle de l’AFC/M23
La localité de Kabizo se situe dans une région sous occupation de la rébellion AFC/M23. Selon des sources civiles, plusieurs responsables administratifs installés dans les entités coutumières de cette zone sont régulièrement visés par des attaques armées. Le drame de Butare s’inscrirait dans une série d’incidents similaires observés depuis quelques semaines, sans que des responsabilités précises aient été établies de manière indépendante. Cette situation expose les populations à une insécurité chronique, alors que les autorités coutumières demeurent prises dans l’étau des rivalités entre groupes armés.
Des accusations croisées entre FARDC et AFC/M23
Sur son compte X, l’AFC/M23 attribue l’attaque aux rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qu’elle accuse d’agir en collaboration avec les FARDC. Une version fermement rejetée par le porte-parole de la 34e région militaire, le major Dieudonné Kasereka. Ce dernier dénonce une campagne de désinformation visant, selon lui, à dissimuler les exactions commises par les éléments du RDF/AFC-M23. Il a déclaré : « C’est une campagne qui vise à désorienter l’opinion. Vous rappellerez que le 12 juin de cette année, ils ont encore tué neuf personnes au village Rusamambu et Kanoune, dans le territoire de Walikale. Et la localité de Kabizo se trouve dans la zone sous contrôle de l’AFC-M23. Mais ils accusent l’armée d’avoir collaboré avec les FDLR pour tuer les six membres d’une même famille. »
Un contexte de violences récurrentes
Le meurtre de Kabizo survient dans un climat de tensions persistantes dans l’est de la RDC. Les affrontements entre groupes armés et les accusations mutuelles entre forces régulières et rebelles compliquent l’établissement des faits. Aucune enquête indépendante n’a encore été annoncée pour faire la lumière sur cette tuerie. Les autorités coutumières et administratives locales, prises dans l’étau des rivalités, demeurent exposées à des risques sécuritaires élevés. La récurrence de tels incidents souligne la fragilité de la situation sécuritaire dans le territoire de Rutshuru, où les populations civiles paient un lourd tribut aux logiques d’affrontement et de déni.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
