AccueilActualitéPolitiqueÀ Mushie, Ève Bazaiba lie aide aux sinistrés et unité locale

À Mushie, Ève Bazaiba lie aide aux sinistrés et unité locale

En séjour à Mushie, dans le Mai-Ndombe, Ève Bazaiba Masudi a lié dimanche 28 juin sa présence publique à une double exigence: porter l’assistance de l’État aux sinistrés des intempéries et rappeler que cette réponse ne peut produire ses effets que dans un climat local apaisé. La ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale a participé à une messe d’action de grâce à la paroisse Sacré-Cœur, située entre les quartiers Nde 1 et Vergés, avant de poursuivre sa mission auprès des populations touchées par les récentes inondations.

Dans un territoire éprouvé par la destruction de maisons, des pertes en vies humaines et des biens emportés, la visite gouvernementale prend une dimension à la fois humanitaire et politique. Elle engage la capacité des institutions à répondre à l’urgence, mais aussi la responsabilité des acteurs locaux à éviter que l’assistance ne devienne un nouveau terrain de division.

À Sacré-Cœur, un message d’accueil et de solidarité

La célébration eucharistique a d’abord donné le ton social de cette étape à Mushie. Dans son homélie, l’abbé préfet Yannick Nyamazomi a insisté sur l’accueil, la solidarité et le vivre-ensemble. En s’appuyant sur les enseignements de Jésus-Christ, il a invité les fidèles à recevoir les visiteurs comme des frères et des sœurs, et non comme des étrangers.

Le célébrant a également appelé les chrétiens à faire le bien en toutes circonstances. Dans le contexte de Mushie, cette exhortation ne se limite pas au cadre religieux: elle rejoint une attente civique concrète, celle d’une communauté capable de faire face aux conséquences des inondations sans fracturer davantage ses liens internes.

L’État justifie sa présence face aux inondations

Prenant la parole au cours de la célébration, Ève Bazaiba a expliqué le sens de sa mission. Elle a rappelé qu’une grande pluie avait provoqué de graves inondations à Mushie, dans la province du Mai-Ndombe, avec des maisons détruites, des vies humaines perdues et de nombreux biens emportés.

« Vous savez, une grande pluie a provoqué de graves inondations ici à Mushie, dans la province du Mai-Ndombe. Des maisons ont été détruites, des vies humaines ont été perdues et de nombreux biens ont été emportés. Le Gouvernement ne pouvait pas rester indifférent face à cette catastrophe naturelle. C’est pourquoi je suis ici, mandatée par le Président de la République et la Première ministre, pour remettre une assistance humanitaire aux populations sinistrées », a déclaré la ministre.

Cette prise de parole situe clairement l’intervention du ministère des Affaires sociales dans une chaîne institutionnelle assumée: la ministre se présente comme mandatée par le Président de la République et la Première ministre. Pour les sinistrés des intempéries, l’enjeu immédiat reste toutefois la matérialisation de cette assistance humanitaire à Mushie, dans un territoire où les dégâts signalés touchent directement les foyers et les biens essentiels.

Un appel à l’unité dans un territoire éprouvé

Au-delà de l’aide attendue, Ève Bazaiba a insisté sur la cohésion sociale. Son message a visé les habitants de Mushie, mais aussi les acteurs politiques, appelés à privilégier l’intérêt de la population. Dans une situation de catastrophe naturelle, la concurrence des camps peut fragiliser la réponse publique; la ministre a cherché à placer l’assistance au-dessus des appartenances partisanes.

« Le Président de la République et la Première ministre ne m’ont pas envoyée pour diviser les enfants de Mushie. Je suis ici pour tout le monde. Aucun parti politique ni aucun camp ne doit se sentir exclu. Je suis une mère, et une mère rassemble tous ses enfants. Je souhaite que vous viviez dans la paix. Même lorsque je serai de retour à Kinshasa, je veux que cette paix demeure parmi vous. Ce qui est important, c’est d’accompagner la vision du Président de la République », a-t-elle souligné.

Cette déclaration met en regard deux impératifs: secourir les populations et maintenir une paix locale durable. Elle traduit aussi une prudence politique, car l’assistance gouvernementale, pour être acceptée, doit apparaître comme destinée à tous les habitants touchés, et non à un camp.

Des audiences pour écouter les composantes locales

Après la messe, la ministre a poursuivi son programme au bureau du territoire de Mushie, où elle a accordé plusieurs audiences. Elle a notamment échangé avec les épouses de militaires et de policiers, des veuves, des notables, des représentants de la société civile, des confessions religieuses ainsi que d’autres composantes de la communauté locale.

Ces rencontres prolongent la dimension sociale de la mission. Elles permettent de mettre autour de la même séquence institutionnelle des groupes dont les réalités diffèrent, mais qui participent à la vie du territoire. À ce stade, les faits documentés établissent surtout une démarche officielle d’assistance et de consultation locale. La suite dépendra de la manière dont cette présence de l’État se traduira concrètement pour les populations touchées par les inondations du Mai-Ndombe.

Article Ecrit par Chloé Kasong

Source: actu30.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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