Le Service des Nations unies de lutte antimines a conduit, du mercredi 24 au vendredi 26 juin à Kinshasa, un atelier de validation d’une nouvelle stratégie nationale contre les engins explosifs improvisés. La démarche vise à organiser une réponse plus coordonnée face à une menace signalée comme croissante, en particulier dans l’est de la République démocratique du Congo.
Réunis pendant plusieurs jours, des experts militaires, des délégués gouvernementaux et des partenaires internationaux ont travaillé autour d’un document cadre. Ce texte doit servir à structurer les opérations de détection, de neutralisation et de sensibilisation. L’objectif annoncé est d’harmoniser les méthodes entre les acteurs appelés à intervenir dans ce secteur sensible de la sécurité.
Kinshasa valide un cadre de riposte
L’atelier organisé à Kinshasa marque une étape institutionnelle dans la prise en compte des engins explosifs improvisés. Le format retenu met autour de la table les principaux acteurs du secteur de la sécurité, avec l’appui de l’UNMAS. Il s’agit de consolider une réponse nationale autour de procédures partagées, dans un domaine où la coordination reste déterminante.
La nouvelle stratégie nationale contre les engins explosifs doit notamment orienter les interventions des services concernés. Elle porte sur les capacités techniques, l’échange d’informations et la prévention auprès des populations exposées. Les travaux ne se limitent donc pas à l’aspect opérationnel. Ils intègrent aussi la sécurité civile, à travers des actions de sensibilisation prévues dans les zones considérées comme à haut risque.
L’UNMAS place la coordination au centre
Jean-Denis Larsen, chef du service de l’UNMAS en République démocratique du Congo, a mis en avant la nécessité d’adapter les méthodes de lutte à l’évolution technologique et tactique des groupes armés. Son intervention inscrit l’atelier dans une logique d’anticipation et de mise à niveau des capacités nationales.
Selon les éléments présentés autour de ces assises, l’implication de l’UNMAS vise à soutenir une riposte mieux structurée. Les engins explosifs improvisés sont décrits comme une menace qui cause de lourdes pertes parmi les populations civiles et les forces de défense. Cette donnée justifie, pour les organisateurs, une approche plus formalisée, associant prévention, renseignement et intervention spécialisée.
Armée, police et renseignement concernés
La feuille de route examinée pendant l’atelier prévoit le renforcement des capacités des unités spécialisées de l’armée et de la police. Elle prévoit aussi une amélioration du partage d’informations stratégiques entre les services de renseignement. Ces deux volets relèvent d’une même exigence: réduire les failles de coordination face à des engins qui demandent une détection et une neutralisation encadrées.
Le document accorde également une place aux campagnes de prévention ciblées. Ces campagnes doivent être orientées vers les zones à haut risque. La formulation reste générale, mais elle indique que la stratégie ne repose pas seulement sur l’action des forces spécialisées. Elle inclut aussi l’information des communautés exposées, dans les limites des dispositifs retenus par les autorités et leurs partenaires.
Une suite attendue pour l’est du pays
L’est de la RDC apparaît comme la zone la plus concernée par cette menace dans les indications disponibles. La stratégie validée à Kinshasa doit donc servir de référence pour organiser les réponses dans les espaces où les risques sont les plus élevés. Aucun calendrier opérationnel détaillé n’a été communiqué dans les informations disponibles.
La portée concrète de ce cadre dépendra de sa mise en œuvre par les institutions concernées et leurs partenaires. À ce stade, l’atelier permet surtout de fixer une base commune de travail. Pour l’UNMAS, l’enjeu est d’aligner les acteurs sur des méthodes adaptées à une menace évolutive, sans dissocier la réponse technique de la prévention auprès des civils.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
