À Mongbwalu, en Ituri, la sensibilisation sanitaire autour de l’épidémie Ebola commence à modifier les comportements. Après des semaines de méfiance et de résistance d’une partie de la population, davantage d’habitants se présentent désormais volontairement à l’hôpital dès les premiers symptômes. Pour les patients, ce réflexe est important: plus la consultation est rapide, plus la prise en charge peut commencer tôt.
Le changement se lit d’abord dans les décès enregistrés en dehors des structures de soins. Selon le docteur Richard Lokudu, médecin directeur de l’Hôpital général de référence de Mongbwalu, les équipes sanitaires comptaient encore, il y a deux à trois semaines, une moyenne de 15 décès communautaires par jour. Ce chiffre est aujourd’hui estimé à environ 4 décès quotidiens. Cette baisse indique que moins de malades restent à domicile jusqu’à une aggravation de leur état.
À Mongbwalu, consulter plus tôt change les chiffres
Dans une épidémie Ebola, le délai de consultation est un élément pratique à suivre de près. Lorsqu’une personne reste à la maison malgré des symptômes, elle retarde sa prise en charge et augmente le risque de décès à domicile. À Mongbwalu, les données communiquées par l’hôpital montrent un mouvement inverse: les malades arrivent plus vite dans le circuit de soins.
Cette évolution ne signifie pas que la situation est terminée. Elle montre plutôt que le message de santé publique devient plus audible. Le docteur Richard Lokudu attribue ces progrès aux campagnes intensives de sensibilisation menées sur le terrain, mais aussi aux mesures récemment annoncées par le ministre de la Santé, notamment la gratuité des soins et la disponibilité des médicaments.
Le centre reçoit davantage de cas confirmés
Un autre indicateur confirme ce changement: les admissions au centre de traitement. Alors que la structure recevait auparavant 3 à 4 cas confirmés par jour, elle en accueille désormais près de 10 quotidiennement. Pour le personnel médical, cette hausse des admissions ne doit pas être lue uniquement comme une aggravation. Elle traduit aussi le fait que les personnes malades acceptent davantage d’être examinées et orientées vers la prise en charge.
En moyenne, 20 cas suspects sont admis chaque jour. Parmi eux, près de 60 % sont confirmés positifs à Ebola. Actuellement, une trentaine de patients confirmés sont pris en charge. Ces chiffres donnent une image concrète de la pression sur l’hôpital, mais aussi du rôle central de l’Hôpital général de référence de Mongbwalu dans le suivi des malades.
Gratuité des soins et médicaments disponibles
Pour les habitants, deux informations pratiques sont au cœur du message sanitaire: les soins sont gratuits et les médicaments sont disponibles. Ces éléments sont présentés par les responsables médicaux comme des raisons de ne pas attendre à domicile en cas de symptômes. Dans ce contexte, la confiance envers l’hôpital devient une condition essentielle pour que les malades se fassent consulter rapidement.
Le docteur Richard Lokudu insiste sur ce point: « Nous demandons à la population de faire confiance à l’hôpital. Les soins sont gratuits, les médicaments sont disponibles et la prise en charge s’est nettement améliorée. En cas de symptômes, il ne faut pas rester à la maison, mais venir se faire consulter rapidement ».
Une évolution encourageante, mais à suivre
Pour les équipes médicales, la tendance observée à Mongbwalu est encourageante. La diminution des décès communautaires et l’augmentation des admissions au centre de traitement indiquent que les messages de sensibilisation atteignent une partie plus large de la population. L’effet attendu est clair: réduire les décès à domicile et contribuer à limiter la propagation de l’épidémie Ebola.
La prudence reste toutefois nécessaire. Les chiffres disponibles montrent une amélioration du recours aux soins, pas la fin de l’épidémie. Le geste utile, pour les habitants de Mongbwalu Ituri, demeure donc simple et concret: ne pas attendre à la maison en cas de symptômes, mais se rendre rapidement à l’hôpital pour une consultation.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
