Le général Gaby Kasongo Mulumba, nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, a demandé vendredi 19 juin à Bunia l’implication directe des communautés locales dans la recherche de réponses durables à l’insécurité en Ituri. Lors d’un point de presse, le chef de l’exécutif provincial a présenté une ligne articulée autour du dialogue pour la paix, tout en rappelant que l’autorité provinciale se réserve la possibilité de recourir aux moyens coercitifs prévus par la loi si cette démarche ne produit pas de résultats.
Son message vise à installer un cadre de concertation large, dans une province encore marquée par des violences récurrentes attribuées à divers groupes armés. Le gouvernorat militaire de l’Ituri affirme vouloir écouter les composantes de la société locale, y compris les acteurs encore impliqués dans les violences, afin d’identifier des solutions négociées.
Un cadre de dialogue annoncé à Bunia
À Bunia, le général Gaby Kasongo Mulumba a indiqué que les autorités provinciales sont encouragées par des signes d’apaisement observés sur le terrain. « Nous sommes encouragés par les premiers signaux en faveur de la paix émis par les différents acteurs sur le terrain », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, il a annoncé l’ouverture d’un espace de concertation inclusif. Cette démarche doit associer, selon lui, les différentes composantes de la société iturienne. Elle concerne également les groupes qui continuent de troubler la quiétude des populations, dans l’objectif de les écouter et de rechercher, par un dialogue constructif, des solutions durables aux problèmes de l’insécurité.
Cette orientation place la concertation au centre de la première phase d’action du nouveau gouverneur militaire. Elle ne règle pas, à elle seule, les violences constatées dans la province. Elle définit toutefois la méthode que l’autorité provinciale dit vouloir privilégier avant toute autre option.
Le gouvernorat militaire fixe une limite
Le message du gouverneur ne se limite pas à l’ouverture politique. Le général Kasongo Mulumba a aussi établi une limite à cette démarche. Il a prévenu que le gouvernement provincial militaire prendra ses responsabilités si le dialogue ne permet pas d’obtenir des avancées concrètes.
« Toutefois, si cette démarche de dialogue n’aboutit pas, le gouvernement provincial militaire prendra ses responsabilités et imposera la paix par les moyens coercitifs prévus par la loi et les textes internationaux », a déclaré le général Kasongo.
Cette formulation traduit une approche combinée. D’un côté, l’autorité provinciale met en avant la concertation. De l’autre, elle rappelle l’existence d’un cadre légal et institutionnel permettant une réponse sécuritaire. À ce stade, les propos rapportés ne détaillent pas de calendrier, de dispositif opérationnel ou de mesures spécifiques. Ils fixent surtout une orientation et une responsabilité publique.
La population appelée à porter la paix
Au-delà des groupes armés et des acteurs institutionnels, le gouverneur s’est adressé à l’ensemble des habitants de l’Ituri. Il a insisté sur la responsabilité collective dans la consolidation de la paix. « Je voudrais attirer l’attention de toute la population de l’Ituri : la paix est entre vos mains. Donnons-nous cette paix, préservons-la, transmettons-la aux générations futures ».
Ce passage élargit le champ de l’appel lancé depuis Bunia. Il renvoie les communautés locales à leur rôle dans la cohabitation pacifique, le dialogue intercommunautaire et la dénonciation des violences, éléments mentionnés dans le message du gouverneur. L’autorité provinciale présente ainsi la paix comme un processus qui ne dépend pas uniquement des décisions militaires ou administratives.
Dans une province où les attaques de groupes armés continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et d’aggraver la crise humanitaire, cette mobilisation communautaire est présentée comme une composante de la réponse. Les responsabilités précises des violences ne sont pas détaillées dans les éléments disponibles, ce qui impose de rester prudent sur les attributions.
Une prise de fonction sous contrainte sécuritaire
La prise de fonction du général Gaby Kasongo Mulumba intervient dans un contexte sécuritaire fragile en Ituri. Son premier message public met en avant une double exigence : ouvrir le dialogue pour réduire les tensions et maintenir la capacité de l’autorité à rétablir l’ordre dans le cadre prévu par la loi.
La suite dépendra des résultats de cette concertation annoncée et de la réponse des acteurs concernés. Pour l’heure, le gouvernorat militaire de l’Ituri pose un cadre : écouter largement, rechercher des solutions durables et rappeler que la paix reste une responsabilité partagée entre l’autorité publique, les communautés locales et les groupes encore impliqués dans les violences.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
