Le sénateur de l’opposition Salomon Idi Kalonda a demandé à Félix Tshisekedi de renoncer à la proposition de loi sur le référendum en République démocratique du Congo. Dans une lettre ouverte rendue publique le lundi 15 juin 2026, l’élu conteste à la fois le calendrier, la portée institutionnelle et les effets politiques possibles de cette initiative examinée au Sénat congolais. Son intervention s’inscrit dans un débat déjà sensible autour de la révision constitutionnelle et de ses implications pour l’équilibre des institutions.
Une interpellation directe du chef de l’État
Dans sa correspondance, Salomon Idi Kalonda s’adresse directement au président de la République. Il lui demande de retirer le texte et de privilégier, selon ses termes, l’intérêt supérieur de la nation. Le sénateur estime que l’introduction d’une procédure référendaire, dans le contexte actuel, ne répond pas aux priorités du pays. Il considère que le moment choisi expose davantage les institutions à la tension politique qu’il ne permet de clarifier le débat public.
L’élu qualifie la démarche de décision lourde pour l’avenir national. Il écrit notamment que « l’introduction d’une proposition de loi référendaire visant à changer la Constitution de la République n’est pas seulement inopportune, elle constitue une faute historique ». Cette formulation place la discussion sur un terrain institutionnel. Elle vise moins la procédure technique du référendum que l’usage politique qui pourrait en être fait dans la séquence actuelle.
La Constitution de 2006 au centre du désaccord
Salomon Idi Kalonda rattache son opposition au rôle attribué à la Constitution de 2006. Selon lui, ce texte est issu d’un compromis historique lié aux accords de paix de Sun City. Il le présente comme un cadre de protection contre les dérives autoritaires et comme un élément de stabilité pour l’unité nationale. Dans sa lettre, il affirme que « vouloir la démanteler aujourd’hui, c’est rompre le pacte républicain qui maintient l’unité de notre Nation ».
Le sénateur établit également un lien entre la loi sur le référendum et la perspective d’une révision constitutionnelle plus large. Il redoute que cette dynamique ouvre la voie à un troisième mandat présidentiel, hypothèse présente dans le débat politique congolais. Cette crainte fonde une partie de son avertissement adressé à Félix Tshisekedi. Pour lui, la procédure ne peut être dissociée du contexte politique dans lequel elle apparaît.
Le contexte sécuritaire invoqué comme obstacle
L’autre axe de l’argumentation concerne la situation dans l’Est du pays. Salomon Idi Kalonda estime que la crise sécuritaire et humanitaire persistante rend inappropriée l’ouverture d’un processus référendaire. Il affirme que « l’État central n’a pas la souveraineté sur une partie majeure de l’Est du territoire ». À ses yeux, cette situation affecte les conditions mêmes dans lesquelles une consultation nationale pourrait être organisée.
Le sénateur soutient qu’un référendum, dans un tel environnement, risquerait de renforcer les divisions existantes. Il prévient aussi que cette démarche pourrait détourner l’attention des priorités nationales, en particulier la restauration de la paix dans les zones en conflit. Cette analyse reste présentée comme son appréciation politique du moment. Les sources disponibles ne mentionnent pas de réponse officielle du chef de l’État à cette lettre.
Un avertissement sur la responsabilité institutionnelle
Dans la dernière partie de sa lettre, Salomon Idi Kalonda donne à son appel une portée historique. Il invoque l’héritage politique associé à la famille Tshisekedi et rappelle le combat des figures de la démocratie congolaise contre la dictature. Il écrit notamment : « Vous seul pouvez encore retirer ce texte et éviter à notre pays une crise constitutionnelle grave ».
Cette prise de position confirme la sensibilité du dossier au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Le débat porte désormais sur la procédure référendaire, mais aussi sur ses conséquences possibles pour l’ordre constitutionnel. À ce stade, les faits établis se limitent à l’interpellation du sénateur, au texte porté devant le Sénat congolais et aux réserves formulées dans sa lettre ouverte.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: radiookapi.net, mediacongo.net
