Les députés provinciaux majoritaires du Kongo-Central ont publiquement contesté la poursuite des consultations menées à Kinshasa par le vice-Premier ministre de l’Intérieur pour tenter de dénouer la crise à l’Assemblée provinciale. Dans une déclaration datée du 15 juin, ces élus disent regretter que le processus, qui avait initialement associé l’ensemble des 40 députés provinciaux, se poursuive désormais autour d’un groupe restreint de six élus. Au-delà de la procédure, c’est la question de la confiance dans la médiation institutionnelle qui se trouve posée.
Leur prise de position intervient dans un contexte où la reprise normale des activités de l’Assemblée provinciale reste au centre des attentes exprimées par les signataires. En contestant la méthode, ils cherchent à replacer l’inclusivité et la transparence au cœur du règlement de la crise institutionnelle, deux exigences qu’ils présentent comme nécessaires pour préserver la stabilité du Kongo-Central.
Une médiation jugée moins inclusive
Selon les députés provinciaux majoritaires, les consultations engagées à Kinshasa avaient, dans un premier temps, réuni les 40 élus provinciaux. Cette configuration donnait au processus une portée plus large, puisqu’elle permettait à toutes les sensibilités représentées au sein de l’Assemblée provinciale d’être entendues dans la recherche d’une issue.
Le changement dénoncé porte donc sur la réduction du cadre de discussion à six élus. Les signataires y voient une évolution préoccupante, car elle limite, selon leur lecture, la représentativité des échanges. Dans une crise touchant une institution provinciale, le choix des interlocuteurs devient lui-même un enjeu politique: qui parle au nom de l’Assemblée, et dans quelles conditions?
Le rapport de force se durcit à Kinshasa
La démarche conduite par le VPM de l’Intérieur est censée contribuer à résoudre le blocage au sein de l’Assemblée provinciale. Mais la déclaration du 15 juin montre que cette médiation est désormais contestée par une partie importante des députés provinciaux. Les élus majoritaires dénoncent une approche qu’ils jugent partiale et estiment que certaines personnes contribuent à entretenir la crise institutionnelle.
Dans ce registre, ils citent Jean-Marc Nzeyidio Lukombo, présenté comme conseiller du VPM de l’Intérieur et suppléant du député national Pierre Kabangu. La mise en cause de cette personnalité souligne la sensibilité du dossier: aux yeux des signataires, la crédibilité du processus dépend aussi de la perception d’impartialité autour de ceux qui l’accompagnent.
La stabilité provinciale en toile de fond
Au Kongo-Central, l’enjeu dépasse la seule rivalité entre groupes d’élus. Une Assemblée provinciale dont les activités ne reprennent pas normalement laisse planer une incertitude institutionnelle. Les signataires ne détaillent pas d’effets concrets supplémentaires, mais ils lient clairement la sortie de crise à la stabilité de la province.
Cette prudence est importante: les faits disponibles permettent d’établir une contestation politique autour de la méthode, sans conclure à l’échec du processus ni à ses conséquences futures. Ce qui apparaît, en revanche, c’est une demande explicite de cadre clair, ouvert et transparent pour sortir d’une séquence institutionnelle devenue fragile.
Un appel à reprendre le processus autrement
Les députés provinciaux majoritaires appellent à un processus plus inclusif et transparent. Leur position ne rejette pas l’idée d’une recherche de solution, mais conteste la manière dont les consultations se poursuivent. En filigrane, ils rappellent que la légitimité d’une médiation dépend de sa capacité à écouter l’ensemble des acteurs concernés.
Pour les citoyens du Kongo-Central, l’enjeu public tient à la remise en marche normale de l’Assemblée provinciale et à la préservation de l’équilibre institutionnel. La suite dépendra donc de la capacité des acteurs impliqués à rétablir un cadre de dialogue accepté, sans exclure les élus qui demandent à être pleinement associés à la résolution de la crise.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
