Le gouvernement congolais mobilise près de 200 millions de dollars américains pour financer deux grands projets de recherche géologique, a annoncé ce lundi à Lubumbashi le Directeur général du Service géologique national du Congo, Raoul Wazenga Vitima. L’objectif est double : découvrir de nouveaux gisements miniers pour répondre à la demande croissante en métaux de la transition énergétique, et créer des emplois pour les populations locales, alors que plusieurs mines historiques du Katanga montrent des signes d’épuisement.
Deux projets stratégiques entièrement financés par l’État
Lors d’un point de presse, Raoul Wazenga Vitima a détaillé les initiatives en cours. « Nous avons présenté les projets qui sont sous financement de l’État congolais, notamment le projet d’exploration dans le bloc Katanga 1A et le projet géophysique aéroporté qui va couvrir une grande partie du territoire national », a-t-il déclaré. Le premier projet, l’exploration du bloc Katanga 1A, bénéficie d’un financement de 16 152 000 dollars américains. Le second, une vaste campagne de géophysique aéroportée, s’étendra du Katanga jusqu’au Kongo-Central, en passant par l’espace Kasaï et la province du Kwango. Pour cette initiative, le gouvernement a mobilisé 179 463 000 dollars, portant l’investissement total à 199 152 000 dollars.
Anticiper l’épuisement des mines historiques
Le directeur général a justifié ces investissements par la nécessité de renouveler le potentiel minier du pays. « Au niveau du Katanga, nous constatons que les anciennes mines sont en train de s’épuiser. D’où la nécessité de poursuivre les recherches pour la découverte de nouveaux gisements afin que la RDC puisse répondre au grand rendez-vous de la transition énergétique », a-t-il expliqué. Cette démarche vise à maintenir la position stratégique de la RDC sur le marché mondial des métaux critiques, essentiels aux technologies vertes comme les batteries électriques ou les panneaux solaires.
Des retombées concrètes pour l’emploi local
Au-delà de l’enjeu industriel, Raoul Wazenga Vitima a souligné l’impact social attendu. « Lorsqu’il y aura la découverte de nouveaux gisements, cela va donner de l’emploi à nos jeunes qui sont dans les provinces. C’est aussi une façon de répondre à cette demande croissante des métaux de la transition énergétique », a-t-il affirmé. Ces créations d’emplois pourraient concerner les phases d’exploration, d’exploitation et de transformation, offrant des perspectives aux communautés locales souvent dépendantes de l’activité minière.
Ouverture aux partenariats internationaux
Le Service géologique national ne compte pas agir seul. Raoul Wazenga Vitima a révélé que le gouvernement reste ouvert aux collaborations avec des institutions spécialisées des États-Unis, de l’Afrique du Sud et du Burundi. Ces partenariats visent à renforcer les capacités techniques et scientifiques du pays, un levier essentiel pour mener à bien ces campagnes de recherche de grande envergure.
En investissant près de 200 millions de dollars dans la connaissance de son sous-sol, la RDC pose les bases d’une nouvelle génération de découvertes minières. L’enjeu est de taille : sécuriser l’approvisionnement en métaux critiques pour la transition énergétique mondiale, tout en transformant cette richesse potentielle en emplois durables pour la jeunesse congolaise.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
