Deux personnes sont décédées vendredi dernier dans le quartier Lumumba à Bunia, après avoir présenté des saignements du nez et de la bouche, des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola. Les victimes, un père et son fils, circulaient à moto au niveau du rond-point Kappa lorsqu’elles se sont effondrées en pleine rue. Le conducteur de la moto a pris la fuite, et les deux hommes sont morts avant l’arrivée des équipes de riposte. Cet événement relance l’inquiétude sur les pratiques d’automédication qui retardent la prise en charge médicale.
L’automédication, un danger face aux symptômes suspects
Selon les autorités sanitaires de l’Ituri, ces décès sont attribués à l’automédication. Le docteur John Kabutabuka, médecin directeur de l’Hôpital général de Bunia, a indiqué que cette situation n’est pas isolée. Des incidents similaires ont déjà été enregistrés dans les quartiers Horo et Ndibe. « Dès que les gens arrivent à tomber dans la rue, cela veut dire que le message de la sensibilisation des malades de se rendre directement à l’hôpital n’a pas été bien capté », a-t-il déclaré. L’automédication consiste à prendre des médicaments sans avis médical, ce qui peut masquer les symptômes, aggraver l’état du patient et favoriser la transmission du virus. En effet, une personne qui se soigne seule peut retarder le diagnostic, continuer à circuler et contaminer son entourage. Les autorités rappellent que face à des signes comme la fièvre, les saignements ou les vomissements, seul un professionnel de santé peut évaluer la situation et orienter vers une prise en charge adaptée.
Consulter rapidement pour limiter les risques
Face à cette situation, les autorités insistent sur la nécessité de se rendre immédiatement dans une structure de santé en cas de symptômes suspects. Une prise en charge précoce est essentielle pour réduire le risque de décès et empêcher la propagation d’Ebola au sein de la communauté. Les symptômes à surveiller incluent la fièvre, les saignements, les vomissements ou la diarrhée. En consultant rapidement, les patients bénéficient de soins adaptés et contribuent à protéger leur entourage. Le docteur Kabutabuka souligne que chaque minute compte : plus un malade est pris en charge tôt, plus ses chances de survie augmentent et moins il risque de transmettre le virus. Les structures de santé disposent de protocoles pour isoler les cas suspects et éviter les contaminations. La population est donc encouragée à ne pas céder à la panique, mais à adopter le réflexe de se rendre à l’hôpital dès l’apparition des premiers signes.
Un numéro vert pour signaler les cas
Pour renforcer la riposte, les services de santé ont mis à disposition le numéro vert 151. La population est invitée à signaler sans délai tout cas suspect ou toute personne présentant des symptômes compatibles avec Ebola. Ce dispositif vise à améliorer la détection précoce et à éviter de nouvelles contaminations dans la province de l’Ituri, où la vigilance reste de mise face à cette maladie hautement contagieuse. Les autorités espèrent ainsi briser les chaînes de transmission et sauver des vies. Le numéro vert est gratuit et accessible à tous. Il permet de déclencher rapidement l’intervention des équipes de riposte, qui peuvent alors évaluer la situation, prodiguer les premiers soins et, si nécessaire, transférer le malade vers un centre de traitement. En utilisant ce canal, chaque citoyen devient un acteur de la lutte contre Ebola, contribuant à protéger sa famille et sa communauté.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
