L’interception d’une embarcation fluviale aux abords de Kinshasa, ce mercredi 5 août, a déclenché un dispositif sanitaire d’urgence après la découverte à son bord du corps d’une personne suspectée d’être décédée de la maladie à virus Ebola. Les autorités appellent la population au calme et à la confiance dans les mesures de prévention déployées.
Un dispositif sanitaire renforcé au port de Maluku
Arrivée en provenance de Kisangani, l’embarcation transportait environ deux cents passagers. Selon le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dieudonné Mwamba, elle a été arraisonnée à hauteur de Bende Bende, avant son arrivée au port de Maluku. Les forces de sécurité, appuyées par des équipes d’intervention sanitaire, ont été déployées pour encadrer les passagers et garantir le bon déroulement des opérations. Ce dispositif, mis en place dès mardi soir, visait à empêcher tout débarquement avant les contrôles. Concrètement, cela signifie que les passagers ont été maintenus à bord jusqu’à ce que les équipes sanitaires puissent procéder aux vérifications nécessaires, une mesure qui vise à éviter toute dispersion incontrôlée en cas de risque avéré.
Dépistage et identification : une course contre la montre
Les équipes sanitaires ont immédiatement engagé des opérations d’identification, de dépistage et de cantonnement des passagers. L’objectif est double : détecter d’éventuels cas suspects et retracer les contacts pour briser les chaînes de transmission. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), partenaire du gouvernement dans la riposte aux épidémies, a confirmé le déploiement de ses équipes au port de Maluku pour appuyer ces opérations de contrôle. Ce travail de fourmi consiste à interroger chaque passager, à vérifier son état de santé et à recueillir des informations sur ses déplacements et ses contacts récents. Pour les passagers, cela implique une attente prolongée, mais cette étape est cruciale pour protéger la ville de Kinshasa, où la densité de population pourrait favoriser une propagation rapide du virus Ebola.
Un second bateau sous surveillance pour le choléra
Les autorités sanitaires ont également indiqué qu’un autre bateau, en provenance de la province de l’Équateur, fait l’objet d’une attention particulière. Un décès suspect lié au choléra y aurait été signalé. Une intervention sanitaire est prévue à son arrivée, selon le même dispositif de précaution. Cette double alerte illustre la pression exercée sur les points d’entrée fluviaux de la capitale, où la vigilance est renforcée pour éviter toute propagation de maladies à potentiel épidémique. Le choléra, maladie diarrhéique aiguë, peut se propager rapidement dans des zones où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est limité. Les équipes devront donc redoubler de vigilance pour éviter que ce second foyer ne vienne s’ajouter au risque Ebola.
Appel au calme et poursuite des investigations
Face à cette situation, le directeur général de l’INSP a appelé la population à garder son calme et à poursuivre normalement ses activités, tout en faisant confiance aux mesures de prévention mises en œuvre. Les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes du décès suspect enregistré sur l’embarcation en provenance de Kisangani et écarter tout risque de propagation de la maladie à virus Ebola. Les autorités insistent sur la nécessité de respecter les consignes sanitaires et de ne pas céder à la panique. Pour les habitants de Kinshasa, cela signifie qu’il n’y a pas lieu de modifier leurs déplacements ou leurs activités quotidiennes, mais qu’ils doivent rester attentifs aux informations officielles et signaler tout cas suspect aux autorités sanitaires. La confiance dans le système de santé et le respect des gestes barrières restent les meilleurs remparts contre les épidémies.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
