L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a atteint une ampleur sans précédent, selon les Nations Unies. Au 30 juillet, 3 748 cas confirmés et 1 587 décès étaient recensés, faisant de cette flambée la plus importante jamais enregistrée dans le pays. Rien que la semaine précédente, plus de 560 nouveaux cas et près de 300 décès ont été signalés, un rythme jamais observé depuis le début de la crise, déclarée le 15 mai à Mongbwalu, en Ituri.
Cette accélération inquiète les autorités sanitaires, car elle montre que le virus continue de circuler activement malgré les efforts déployés. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires intensifient la riposte, mais la situation sur le terrain reste complexe.
Une propagation géographique qui complique la lutte
Initialement concentrée en Ituri, l’épidémie s’est étendue à cinq provinces de l’est et du nord-est : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele et Tshopo. L’Ituri demeure l’épicentre, avec près de 90 % des infections. Cette dispersion rend le suivi des contacts et la surveillance épidémiologique plus difficiles, d’autant que la mobilité des populations est forte autour des zones minières.
Les déplacements de personnes, souvent liés à l’insécurité, favorisent la transmission du virus. Selon l’ONU, près de 270 000 personnes déplacées vivent actuellement dans des sites en Ituri, créant des conditions propices à la propagation de la maladie.
Des centres de traitement renforcés pour améliorer la prise en charge
Pour faire face à l’afflux de malades, un centre de traitement de 100 lits, le plus grand jamais construit en RDC pour Ebola, doit ouvrir cette semaine en Ituri. Parallèlement, l’OMS a renforcé les capacités d’un autre centre à Nizi. Ces structures visent à isoler les patients, à leur prodiguer des soins adaptés et à limiter les risques de contamination.
Ces efforts sont essentiels car une prise en charge rapide augmente les chances de survie et réduit la chaîne de transmission. Cependant, l’accès aux soins reste entravé par les conflits armés qui affectent plusieurs territoires de l’est du pays.
L’insécurité, un obstacle majeur à la riposte
Les violences persistantes compliquent l’accès aux populations et freinent les opérations de surveillance sanitaire. Les équipes sur le terrain doivent souvent négocier leur passage ou adapter leurs interventions en fonction de la situation sécuritaire. Cela retarde le dépistage des cas suspects et la mise en œuvre des mesures de prévention.
L’ONU indique poursuivre ses interventions aux côtés des autorités congolaises pour rétablir l’accès aux soins, renforcer la surveillance épidémiologique et sensibiliser les communautés. La mobilisation reste cruciale pour contenir cette urgence sanitaire, l’une des plus graves que connaît actuellement la RDC.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
