Dans les ateliers de Kinshasa, les vanniers peinent à trouver les matières premières nécessaires à leur art. Lianes, raphia, bambou : ces fibres naturelles, essentielles à la confection de paniers, chaises en rotin ou objets décoratifs, se font rares dans la capitale congolaise. Cette pénurie menace un savoir-faire ancestral, pourtant porteur d’identité culturelle et de revenus pour de nombreux artisans.
Un approvisionnement devenu un parcours du combattant
Les artisans expliquent que Kinshasa ne dispose presque plus de brousses ni de bosquets où récolter ces végétaux. Ils sont donc contraints de se déplacer vers d’autres provinces, parfois dans des zones difficiles d’accès. Ces voyages augmentent les coûts d’investissement et imposent un effort physique important, qui affecte la santé de certains vanniers. « Les lianes utilisées sont naturelles et proviennent d’autres provinces du pays. Ces déplacements nous épuisent, nous exposent à des risques et fragilisent la rentabilité de nos produits, pourtant symboles culturels et identitaires », témoigne un artisan rencontré à la 7ᵉ rue, place commerciale, dans la commune de Limete.
Une demande urbaine qui contraste avec les difficultés
Malgré ces obstacles, la vannerie connaît un intérêt croissant à Kinshasa. Les créations sont exposées et vendues dans des lieux réputés comme la place commerciale de Limete, Binza Météo, Binza Delvaux, Macampagne ou le marché « Wenze ya Bikeko ». La clientèle, variée, apprécie l’esthétique et l’authenticité de ces objets. Une amatrice confie : « Hormis leur utilisation lors des mariages coutumiers, j’aime beaucoup ces créations, qu’il s’agisse de nappes, de paniers ou de sous-plats traditionnels. Chaque objet en fibres naturelles m’attire. Ils symbolisent notre culture. Le prix se négocie toujours, car ces matières proviennent de l’intérieur du pays. »
Un patrimoine culturel à préserver
Pour les vanniers, cet artisanat ne se limite pas à une activité économique : il représente une tradition ancestrale et un savoir-faire qui raconte l’histoire de plusieurs peuples de la RDC. Les paniers tressés en liane, les chaises en rotin – de plus en plus prisées lors des cérémonies de mariage coutumier – et les objets décoratifs en fibres naturelles sont autant de témoins d’une culture vivante. Mais sans accès régulier aux matières premières, cette pratique risque de disparaître.
Un appel à l’action institutionnelle
Face à cette situation, les artisans lancent un appel aux institutions gouvernementales. Ils demandent un soutien pour préserver et valoriser la vannerie, considérée comme un patrimoine culturel à protéger pour l’identité congolaise et africaine. Sans intervention, la transmission de ce métier pourrait être compromise, privant les générations futures d’un héritage à la fois utilitaire et symbolique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
