Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé, ce mercredi 10 juin, la reprise des localités de Mikenge, Kakenge et Kalingi, situées dans les hauts plateaux des territoires de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu. Ces positions étaient tombées lundi sous le contrôle de la coalition Twirwaneho-M23, au cours d’une offensive marquée par l’usage de drones militaires. L’information a été confirmée par un communiqué de l’armée et par l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji Badibanga.
Une contre-offensive de 48 heures appuyée par les Wazalendo
Selon le communiqué des FARDC, la reconquête de ces localités a nécessité environ 48 heures de combats intenses. La contre-offensive a été menée avec l’appui des combattants Wazalendo, un groupe d’autodéfense local. L’administrateur de Fizi a précisé que le village de Mikenge, situé à environ 130 kilomètres au nord de Fizi, dans le territoire voisin de Mwenga, est repassé sous contrôle des FARDC dès le mardi 9 juin. Le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagen, porte-parole des opérations Sukola Sud Sud-Kivu, a décrit des « violents affrontements de 2 jours entre les FARDC et les éléments du M23 », qu’il a qualifiés d’« armée rwandaise ». Il a ajouté que la reprise est intervenue « seulement après deux jours d’occupation de ladite agglomération par les forces rwandaises ».
Des drones au cœur de l’offensive initiale
Les sources concordent sur l’emploi de drones par les assaillants lors de l’attaque du lundi 8 juin. L’administrateur de Fizi attribue ces engins à l’AFC/M23, une coalition incluant le M23 et d’autres groupes. Le porte-parole militaire a évoqué des « attaques par des drones contre les positions de l’armée », sans fournir de détails sur les dégâts ou les pertes. L’usage de cette technologie a marqué une escalade dans les tactiques des groupes armés opérant dans la région. Les FARDC n’ont pas communiqué sur les moyens déployés pour contrer cette menace aérienne.
Rétablir la sécurité pour une population éprouvée
Le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagen a indiqué que les FARDC assurent désormais la sécurité des habitants de cette partie du Sud-Kivu. Il a reconnu que la population a « éprouvé d’énormes difficultés suite à la présence des rebelles du M23 ». L’officier a invité les habitants au calme et affirmé la détermination de l’armée à faire face à toute nouvelle tentative d’attaque. De son côté, l’administrateur de Fizi a souligné que l’armée est « déterminée à protéger l’intégrité territoriale ». Ces déclarations visent à rassurer une population civile souvent prise au piège des affrontements dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Un contexte régional marqué par des alliances armées
La reprise de ces localités intervient dans un climat sécuritaire dégradé. L’administrateur de Fizi a mentionné l’intervention de groupes armés alliés à la coalition Twirwaneho-M23, notamment Red Tabara et Twirwaneho. Ces alliances complexes compliquent la tâche des FARDC, qui doivent faire face à des adversaires aux soutiens variés. Le porte-parole militaire a également confirmé que les FARDC ont récupéré, mardi, les localités de Kakenge et Kalenge des mains des rebelles du M23. Aucun bilan humain ou matériel n’a été communiqué à ce stade par les sources officielles. La situation reste volatile, et les autorités appellent à la vigilance.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: radiookapi.net, actu30.cd
