La participation de la République démocratique du Congo au Gaming Tech Summit Africa (GTSA) 2026, à Nairobi, a mis en lumière les efforts de réforme d’un secteur des jeux d’argent au potentiel fiscal largement sous-exploité. Représentée par la Cellule de surveillance des jeux d’argent et de hasard (CSJA), la délégation congolaise a pris part aux discussions sur la fiscalité, la protection des consommateurs et la lutte contre les opérateurs illégaux, dans un contexte où le pays cherche à maximiser ses recettes tout en renforçant la conformité internationale.
Un secteur à fort potentiel, mais à faible rendement fiscal
Le secteur des jeux d’argent en RDC génère plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel, selon les estimations de l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi. Pourtant, les recettes fiscales issues de cette activité n’ont atteint qu’un milliard de francs congolais en 2022, soit environ un million de dollars. Cette disproportion s’explique par la prolifération d’opérateurs illégaux et un manque de contrôle rigoureux. En mars 2023, Nicolas Kazadi avait signalé l’existence de 139 opérateurs illégaux ou irréguliers, déplorant l’absence de statistiques fiables sur leurs revenus. La taille du marché laisse entrevoir des recettes potentielles supérieures à 100 millions de dollars par an, une fois une autorité de régulation dotée d’un Central Monitoring System (CMS) mise en place.
Les réformes en cours pour moderniser la régulation
Depuis le gouvernement Sama Lukonde, un processus de réforme a été enclenché pour insuffler une nouvelle dynamique à ce secteur stratégique. L’objectif est double : accroître les recettes de l’État et renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces efforts s’inscrivent dans la volonté de la RDC de sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). À Nairobi, la CSJA a partagé l’expérience congolaise et les réformes engagées pour promouvoir un environnement réglementaire moderne, transparent et conforme aux standards internationaux.
Coopération régionale et perspectives techniques
Les échanges au GTSA 2026 ont permis de renforcer la coopération avec plusieurs autorités de régulation africaines. La délégation congolaise a exploré de nouvelles perspectives de partenariats techniques, notamment dans les domaines des paiements numériques et des solutions RegTech, afin de rendre la régulation plus efficace et adaptée aux défis du numérique. Ces collaborations pourraient accélérer la mise en place d’outils de surveillance modernes, essentiels pour capter les revenus des opérateurs et protéger les consommateurs.
Quels impacts pour les finances publiques et les joueurs ?
Une régulation renforcée du secteur des jeux d’argent pourrait significativement augmenter les recettes fiscales, offrant à l’État des moyens supplémentaires pour financer des services publics. Pour les joueurs, une meilleure protection et un contrôle accru des opérateurs illégaux réduiraient les risques de fraudes et de pratiques abusives. La transition vers un système plus transparent et numérisé, appuyé par des partenariats techniques, est une étape clé pour transformer un secteur aujourd’hui largement informel en un levier de développement économique durable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
