Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo connaît un nouvel épisode, marqué par la réaction de l’ancien député provincial Mike Mukebayi. Ce samedi 6 juin, il a publiquement interpellé Jonas Tshiombela, figure connue de la société civile, dont les récentes prises de position en faveur de consultations citoyennes sur ce sujet contrastent avec son engagement passé contre toute modification de la loi fondamentale.
Un revirement qui interroge
Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, Mike Mukebayi a rappelé le rôle actif de Jonas Tshiombela au sein du Front citoyen, une coalition qui s’était opposée à un troisième mandat de l’ancien président Joseph Kabila. Il a également souligné sa participation aux actions du Comité laïc de coordination (CLC), une plateforme qui avait mobilisé de nombreux Congolais entre 2017 et 2018 pour exiger le respect de la Constitution et l’alternance démocratique.
Ces mobilisations, souvent réprimées, ont été marquées par la mort de plusieurs militants. Mike Mukebayi cite notamment Rossy Mukendi, tué le 25 février 2018 lors d’une marche du CLC à Kinshasa, et Thérèse Kapangala, novice catholique décédée lors de la manifestation du 21 janvier 2018 à Kintambo. Ces deux figures sont devenues des symboles de la lutte contre le maintien au pouvoir au-delà du mandat constitutionnel.
Le poids des victimes dans la mémoire collective
Pour Mike Mukebayi, l’évocation de ces victimes n’est pas anodine. Elle vise à souligner le coût humain des combats menés par la société civile pour préserver l’intégrité de la Constitution. Le soutien actuel de Jonas Tshiombela à des initiatives favorables à une réforme constitutionnelle apparaît ainsi en décalage avec cet héritage, selon l’ancien député.
Ce changement de position soulève des questions sur les motivations réelles des acteurs politiques et sociaux. Dans un contexte où le débat sur la révision constitutionnelle continue d’alimenter les discussions, la cohérence des engagements passés devient un enjeu central pour la crédibilité des leaders d’opinion.
Un débat aux implications pratiques
Au-delà des personnes, cette controverse illustre les tensions qui traversent la société congolaise autour de la Constitution. Toute modification de la loi fondamentale peut avoir des conséquences directes sur l’équilibre des pouvoirs et la stabilité institutionnelle, des éléments qui influencent à leur tour la confiance des citoyens et des partenaires économiques.
La réaction de Mike Mukebayi met en lumière la nécessité d’un débat transparent et cohérent, où les positions de chacun sont éclairées par leur parcours. Pour le citoyen ordinaire, ces revirements peuvent renforcer la méfiance envers les élites et compliquer la compréhension des enjeux réels d’une éventuelle réforme.
En définitive, cette prise de parole rappelle que les choix constitutionnels ne sont pas seulement des questions juridiques, mais qu’ils engagent la mémoire des luttes passées et la crédibilité des acteurs qui prétendent représenter la population.
Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
