La 85ᵉ session du comité exécutif de l’Union Parlementaire Africaine (UPA), clôturée jeudi 4 juin à Dakar, a placé la protection des migrants africains au cœur des débats. Présidée par Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat de la République démocratique du Congo, cette rencontre a abouti à l’adoption de la « déclaration de Dakar » sur les violences faites aux migrants. Ce texte, présenté par Geneviève Inagossi, condamne fermement les discriminations et stigmatisations visant les ressortissants africains à travers le monde. Mais au-delà des mots, quelles garanties concrètes pour les citoyens confrontés à l’exil ?
Un plaidoyer continental pour la dignité des migrants
La déclaration de Dakar constitue une réponse africaine concertée face aux violences, discriminations et stigmatisations dont sont victimes de nombreux migrants. Les parlementaires y soulignent que ces violences trouvent leur origine dans la pauvreté, le chômage, les inégalités sociales et la propagation de discours extrémistes. « Toute atteinte à la dignité d’un Africain constitue une atteinte à la dignité de toute l’Afrique », affirme le texte, érigeant la solidarité continentale en principe intangible. Cette position commune vise à renforcer les dispositifs législatifs nationaux pour protéger les droits fondamentaux des personnes en situation de migration, un enjeu qui touche directement des milliers de familles africaines.
Jean-Michel Sama Lukonde, une présidence sous le signe de la continuité
À la tête de cette session, Jean-Michel Sama Lukonde a inscrit son action dans la continuité des engagements pris lors de la précédente réunion de Kinshasa. « Nous avons réitéré notre appel à la solidarité face aux crises sécuritaires et sanitaires qui touchent nos pays. Nous repartons avec une grande satisfaction, marquée par la fraternité africaine vécue ici à Dakar », a-t-il déclaré. Le président du Sénat congolais a également multiplié les rencontres diplomatiques, transmettant les salutations du président Félix Tshisekedi à son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, et s’entretenant avec Ousmane Sonko pour renforcer les relations interparlementaires. Ces échanges illustrent la volonté de traduire les résolutions en coopérations bilatérales concrètes.
Des avancées institutionnelles et des défis persistants
La session a aussi permis de valider les candidatures du Burkina Faso et du Cameroun au poste de secrétaire général de l’UPA, tandis que la participation du Mozambique en qualité d’invité spécial a été entérinée. Ces décisions consolident le fonctionnement de l’organisation, mais la question centrale reste celle de l’effectivité des protections promises. Les parlements sont appelés à légiférer, mais les citoyens attendent des actes : comment s’assurer que les États traduiront cette déclaration en politiques publiques protectrices ? La rencontre de Dakar a posé un cadre, mais le chemin vers une protection réelle des migrants africains demeure semé d’embûches.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
