La Cour militaire de Kinshasa-Gombe a rendu son verdict le jeudi 4 juin à la prison militaire de Ndolo, dans l’affaire de torture et séquestration d’enfants impliquant l’ancienne ministre Marie-Ange Mushobekwa et un haut cadre de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Deux policiers ont été condamnés à deux ans de servitude pénale principale, tandis que Philémon Mambabwa, administrateur principal à l’ANR, a été acquitté de toutes les charges.
Deux policiers condamnés, le cadre de l’ANR acquitté
Les deux policiers, affectés à la sécurité de Philémon Mambabwa, étaient poursuivis pour torture, séquestration et incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline. Le tribunal les a reconnus coupables et leur a infligé une peine de deux ans de servitude pénale principale. En revanche, Philémon Mambabwa, poursuivi pour les mêmes chefs d’accusation, a été acquitté. La décision a été prononcée à l’issue d’un procès ouvert le 26 février 2026.
Des faits remontant à décembre 2025
L’affaire trouve son origine dans la nuit du 21 décembre 2025. Selon les accusations portées par Marie-Ange Mushobekwa, ses deux enfants, Claudien et Christopher Likulia, âgés de 18 et 17 ans, ainsi qu’un de leurs amis de 17 ans, auraient été séquestrés, ligotés, tabassés et torturés dans la résidence privée de Philémon Mambabwa. L’ancienne députée affirme que sept policiers et militaires auraient agi sur ordre du responsable de l’ANR, décrivant une « décision arbitraire, brutale et disproportionnée, prise hors de tout cadre légal ». Elle précise que les adolescents n’étaient pas armés, n’étaient pas recherchés par la police et se trouvaient sur les lieux à la suite d’une invitation de proches de la famille Mambabwa.
Une réaction sans appel
À l’annonce du verdict, Marie-Ange Mushobekwa a exprimé son insatisfaction sur son compte X. Elle a déclaré ne pas interjeter appel, résumant sa décision par un laconique « Ça ne sert à rien ». Elle a ajouté : « La Cour militaire de Kinshasa-Gombe avait mené l’instruction avec équité et respect des parties. À la fin, c’est la main noire qui a décidé. » Cette réaction souligne un sentiment de défiance envers l’issue judiciaire, malgré le déroulement du procès qu’elle avait initialement jugé équitable.
Prochaines étapes judiciaires
Avec la condamnation des deux policiers et l’acquittement de Philémon Mambabwa, le dossier connaît un premier aboutissement. L’absence d’appel de la part de la plaignante clôt cette phase de la procédure, sauf initiative du ministère public ou des condamnés. La Cour militaire n’a pas communiqué sur d’éventuelles suites disciplinaires ou administratives concernant les agents impliqués.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: radiookapi.net, Actualite.cd
