Le Conseil d’administration du Fonds de lutte contre les pandémies a approuvé, lors d’une session extraordinaire, la mobilisation de 220,6 millions de dollars pour appuyer la riposte à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en Afrique centrale et orientale. Cette décision, annoncée jeudi, fait suite à la déclaration de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) du 17 mai, qualifiant l’épidémie d’urgence de santé publique de portée internationale.
Un financement en deux volets pour une réponse rapide
L’enveloppe sera déployée selon deux mécanismes distincts. Jusqu’à 175,7 millions de dollars proviendront de projets déjà en cours du Fonds, réaffectés pour soutenir la riposte immédiate dans neuf pays touchés ou à risque : la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie, l’Angola, le Kenya et l’Éthiopie. Par ailleurs, jusqu’à 44,9 millions de dollars supplémentaires seront mobilisés via des procédures accélérées pour l’Ouganda, la République centrafricaine et la République du Congo. Cette approche vise à garantir une intervention rapide tout en renforçant les capacités locales.
Renforcer la surveillance et les capacités sanitaires
Les fonds alloués ciblent des domaines clés pour contenir la propagation du virus. Ils serviront à renforcer la surveillance des maladies, les systèmes de laboratoire et les capacités du personnel de santé. Une attention particulière est portée à la coordination transfrontalière, essentielle dans une région où les mouvements de population sont fréquents. Ces mesures pratiques visent à détecter rapidement les cas suspects, à confirmer les diagnostics et à assurer une prise en charge adaptée, tout en limitant les risques de transmission au-delà des frontières.
Un virus sans outils de diagnostic rapide
Le Conseil a rappelé qu’à ce jour, il n’existe ni vaccin, ni traitement, ni test de diagnostic rapide et fiable contre le virus Bundibugyo. Cette absence d’outils complique la riposte et rend d’autant plus crucial le renforcement des systèmes de surveillance et de laboratoire. Sans test rapide, l’identification des cas repose sur des analyses en laboratoire qui peuvent prendre du temps, retardant l’isolement des patients et augmentant le risque de propagation. Le financement vise donc à combler ces lacunes en améliorant les infrastructures et la formation du personnel.
Une réponse coordonnée face à une menace régionale
La mobilisation de ces fonds illustre la nécessité d’une réponse coordonnée face à une épidémie qui dépasse les frontières nationales. En ciblant douze pays, le Fonds de lutte contre les pandémies cherche à créer un maillage sanitaire capable de détecter et de contenir le virus avant qu’il ne se propage davantage. Pour les populations concernées, ces investissements se traduiront concrètement par un meilleur accès aux soins, une surveillance accrue et une coordination plus efficace entre les systèmes de santé nationaux.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
