La Cour militaire de Kinshasa-Gombe a rendu son verdict ce jeudi 4 juin dans l’affaire opposant Marie-Ange Mushobekwa et ses proches à Philémon Mambabwa, administrateur principal à l’Agence nationale des renseignements (ANR). Poursuivi pour torture et incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline, M. Mambabwa a été acquitté. Deux policiers affectés à sa sécurité, impliqués dans les violences dénoncées, ont chacun été condamnés à deux ans de servitude pénale.
Un acquittement au bénéfice du doute pour le cadre de l’ANR
Le tribunal n’a pas retenu la culpabilité de Philémon Mambabwa. Les charges de torture et d’incitation de militaires à des actes contraires au devoir n’ont pas été établies à l’issue des débats. La juridiction militaire a ainsi prononcé son acquittement, sans préciser dans l’immédiat les motifs détaillés de cette décision. Ce verdict intervient après plusieurs mois d’instruction, le procès ayant été officiellement ouvert le 26 février.
Deux policiers condamnés pour les violences
En revanche, la Cour a reconnu la responsabilité de deux policiers chargés de la sécurité du haut fonctionnaire. Ils ont été condamnés à deux ans de servitude pénale pour leur participation directe aux actes de violence commis sur les enfants de Marie-Ange Mushobekwa et leur ami. La décision ne précise pas la qualification exacte retenue contre eux, mais elle établit un lien entre leur action et les sévices subis par les adolescents.
Une partie civile dénonce une « main noire »
Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et députée nationale honoraire, a réagi avec amertume sur son compte X. Elle a déclaré ne pas vouloir interjeter appel, estimant que cela « ne sert à rien ». Elle a ajouté : « La Cour militaire de Kinshasa-Gombe avait mené l’instruction avec équité et respect des parties. À la fin, c’est la main noire qui a décidé. » Cette déclaration suggère une défiance envers l’issue du procès, sans toutefois étayer ses allégations.
Rappel des faits dénoncés
Lors d’une conférence de presse précédant l’ouverture du procès, Marie-Ange Mushobekwa avait accusé Philémon Mambabwa d’avoir ordonné l’enlèvement et la torture de ses deux enfants mineurs, Claudien et Christopher Likulia, âgés de 18 et 17 ans, ainsi que d’un de leurs amis de 17 ans. Selon elle, les faits se seraient déroulés dans la nuit du 21 décembre 2025, dans la résidence privée de M. Mambabwa. Les adolescents auraient été « séquestrés, ligotés, tabassés et torturés » par sept policiers et militaires. L’ancienne ministre avait qualifié cette action de « décision arbitraire, brutale et disproportionnée, prise hors de tout cadre légal », précisant que les jeunes n’étaient ni armés ni recherchés par la police et se trouvaient sur les lieux à la suite d’une invitation de proches de la famille Mambabwa.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
