Depuis la fermeture de la frontière rwandaise en réponse à un cas de maladie à virus Ebola enregistré à Goma, plus de 300 petits commerçants transfrontaliers vivant avec un handicap se retrouvent sans activité. Regroupés au sein d’une association, ces acteurs économiques, majoritairement des femmes, utilisaient quotidiennement leurs vélos tricycles pour franchir la petite barrière et s’approvisionner en marchandises. Cette activité leur permettait de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs ménages.
Un quotidien bouleversé par la fermeture de la frontière
En temps normal, ces commerçants traversaient chaque jour la frontière pour acheter des produits au Rwanda et les revendre à Goma. Avec la fermeture décidée par les autorités rwandaises, ce circuit économique est rompu. Désormais, ils sont contraints de travailler comme simples transporteurs pour le compte d’autres commerçants. Une femme commerçante a expliqué à Actu30.cd : « Pour l’instant, notre métier est trop affecté. Les autres commerçants du Rwanda amènent leurs marchandises jusqu’à la zone neutre et nous utilisent juste comme chauffeurs de leurs vélos pour vendre leurs produits au Congo. Pour cela, on paie 2 000 FC. De notre côté, il faut attendre chacun son tour. C’est ainsi que par jour, on peut passer seulement une ou deux fois et rentrer avec 4 000 FC. »
Un revenu insuffisant pour couvrir les besoins essentiels
Le gain journalier de 4 000 francs congolais, obtenu après de longues heures d’attente, est bien inférieur à ce que ces commerçants percevaient auparavant en menant leur propre activité. Cette somme ne permet pas de couvrir les dépenses quotidiennes des ménages, plongeant ces personnes dans une précarité accrue. Rocky Ngelema Tshomba, président de l’Association des Handicapés Physiques Tuungane, souligne que la plupart de ses membres sont actuellement sans activité. Il rappelle qu’au regard de leur condition physique, ces personnes avaient choisi le travail plutôt que la mendicité.
Un appel à l’appropriation des mesures de riposte
Face à cette situation, le président de l’association exhorte tous les acteurs à s’approprier les mesures de riposte contre Ebola. L’objectif est de permettre un retour à la vie normale et la réouverture de la frontière, condition indispensable pour que ces commerçants puissent reprendre leurs activités. La fermeture de la frontière est intervenue après la confirmation d’un premier cas d’Ebola à Goma le 17 mai 2026. La patiente, venue de l’Ituri, a été déclarée guérie le mercredi 3 juin après une prise en charge par les services sanitaires.
Un impact économique concentré sur une population vulnérable
La fermeture de la frontière affecte l’ensemble du commerce transfrontalier, mais ses conséquences sont particulièrement lourdes pour les personnes vivant avec un handicap. Leur dépendance à ce corridor économique est totale, et l’absence d’alternatives les expose à une perte de revenus immédiate. La reprise du trafic dépendra de l’évolution de la situation épidémiologique et de la confiance mutuelle entre les autorités sanitaires des deux pays. En attendant, ces commerçants tentent de s’adapter, mais les solutions de substitution restent précaires et insuffisantes.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
