Un conflit foncier autour d’un site aurifère a coûté la vie au chef du village Ngunyi Tshitadi, dans le territoire de Luiza (Kasaï-Central), mardi 2 juin. Le bilan provisoire fait état d’une dizaine de blessés et de plusieurs maisons incendiées, selon des sources locales. Les violences ont opposé les habitants de Ngunyi Tshitadi à ceux du village voisin de Ngunyi Kanana, dans le secteur de Bambayi.
Un chef tué lors d’affrontements pour un gisement d’or
Le chef Bienvenu Tshitadi a été tué alors que ses administrés affrontaient ceux du chef Kanana sur un site aurifère situé à la limite des deux villages, d’après des sources locales. Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas été précisées, mais elle est survenue au cours des heurts. Ce drame illustre la persistance des tensions liées à l’exploitation artisanale de l’or dans cette partie du Kasaï-Central. La zone, riche en ressources minières, est régulièrement le théâtre de disputes entre communautés pour le contrôle des gisements, souvent exploités de manière informelle.
Incendies et déplacements massifs de population
Après la mort du chef, ses partisans ont incendié plusieurs maisons appartenant aux habitants de Ngunyi Kanana, déjà réfugiés en brousse. Une dizaine de personnes ont été grièvement blessées et acheminées vers des structures sanitaires, notamment au village de Kitoko et à la mission catholique de Mobinza. La majorité des habitants des deux villages a fui, tandis que quelques proches du chef Tshitadi sont restés pour procéder à son inhumation. Ces déplacements aggravent la situation humanitaire dans une région où l’accès aux soins et aux services de base reste limité. Les blessés, pris en charge dans des conditions précaires, témoignent de la violence des affrontements.
Absence d’intervention des autorités
Jusqu’à présent, aucune intervention des autorités n’a été signalée. Paulin Nkongolo Nsaka, coordonnateur territorial de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) de Luiza, appelle le gouvernement provincial à dépêcher des forces de sécurité pour rétablir l’ordre. Cet appel intervient dans un contexte de vide sécuritaire qui laisse craindre une escalade de la violence. L’absence de réponse officielle soulève des questions sur la capacité de l’État à prévenir et à gérer les conflits fonciers dans les zones minières. La société civile insiste sur l’urgence d’une intervention pour protéger les civils et éviter de nouvelles pertes en vies humaines.
Un précédent meurtrier en mars dernier
Ce drame survient deux mois après un autre conflit dans le secteur de Bushimaie, toujours à Luiza, où trois personnes avaient trouvé la mort et des dizaines d’autres avaient été blessées lors d’une dispute entre creuseurs artisanaux locaux et ceux venus du Lualaba autour d’un gisement d’or à Kalenga Manyi. La récurrence de ces affrontements souligne la nécessité d’une régulation urgente de l’exploitation minière artisanale dans la région. Sans cadre légal clair et sans présence effective des forces de l’ordre, les rivalités pour l’accès aux ressources risquent de se multiplier, alimentant un cycle de violences difficile à briser.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
