Bunia, le 1er juin 2024 – L’épidémie d’Ebola continue de reculer en Ituri, avec l’annonce de quatre nouvelles guérisons au Centre Médical Évangélique (CME) de Bunia. Dimanche dernier, ces patients, désormais libérés avec leurs certificats de guérison, incarnent une lueur d’espoir pour une province durement touchée par le virus. Face à cette avancée, la coordination de la société civile de l’Ituri et les confessions religieuses unissent leurs voix pour appeler à une mobilisation accrue en faveur des équipes médicales engagées dans la riposte.
Ces guérisons ne sont pas isolées : dans les zones de santé de Bunia et de Rwampara, d’autres malades ont aussi vaincu la maladie, portant à un nombre croissant les survivants d’Ebola. Si le chiffre reste modeste, il démontre que le virus n’est pas une fatalité et que des soins rapides et appropriés peuvent sauver des vies. Comme le souligne Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile de l’Ituri, « c’est vraiment un pas vers la victoire sur la maladie, bien que l’échantillon reste faible. Nous voulons aussi attirer l’attention sur la faible couverture logistique de la riposte dans l’ensemble de l’Ituri. »
En effet, derrière ces succès, la situation sur le terrain reste fragile. Les acteurs de la société civile pointent un manque criant de moyens logistiques – véhicules, équipements de protection, carburant – qui limite la capacité des équipes à intervenir rapidement dans les zones reculées. Or, chaque minute compte dans la lutte contre Ebola : un diagnostic précoce et une prise en charge immédiate augmentent considérablement les chances de guérison. Sans ces ressources, le virus pourrait continuer à circuler silencieusement.
Du côté des confessions religieuses, le ton est à l’encouragement et à la confiance. Pour le pasteur Ignace Bingi, responsable religieux à Bunia, les guérisons enregistrées sont la preuve que les structures sanitaires disposent des compétences nécessaires. « Ces succès montrent que nos hôpitaux et nos soignants peuvent sauver des vies. Il faut les soutenir davantage », a-t-il déclaré. Les leaders religieux insistent également sur le besoin de combattre les rumeurs et fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux, semant la peur et la méfiance. En voyant des malades guérir, la population peut se convaincre que les centres de traitement sont des lieux de vie et non de mort.
Pour transformer ces guérisons en un véritable moteur de la riposte, plusieurs activistes des droits humains et acteurs sociopolitiques invitent les survivants à devenir des ambassadeurs de la sensibilisation. Leur témoignage, affirment-ils, peut aider à dissiper les craintes, à corriger les idées fausses et à inciter les communautés à se tourner rapidement vers les soins en cas de symptômes suspects. La fièvre, les vomissements, les saignements ne doivent plus être cachés : un traitement précoce est la clé.
La société civile et les confessions religieuses lancent donc un appel pressant aux autorités provinciales et nationales, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, pour qu’ils renforcent le soutien logistique et matériel aux équipes de riposte. Il s’agit de consolider les progrès accomplis et d’accélérer la lutte contre l’épidémie dans toute la province de l’Ituri. La mobilisation de chacun – des leaders communautaires aux simples citoyens – est essentielle pour éteindre définitivement cette flambée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
