Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rencontré vendredi 29 mai à Kinshasa la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Objectif : réaffirmer le soutien de son institution face à la nouvelle épidémie d’Ebola qui touche l’Est de la République démocratique du Congo. À l’issue des échanges, le patron de l’OMS s’est montré confiant : « La RDC dispose d’une vaste expérience dans la lutte contre le virus. Nous sommes certains que nous serons en mesure de contenir cette épidémie une fois de plus. »
Cette déclaration intervient alors que le pays fait face à sa 17e flambée d’Ebola, dans un contexte sécuritaire et humanitaire complexe. Mais Tedros Adhanom Ghebreyesus a tenu à souligner que, grâce aux épidémies passées, les équipes congolaises ont acquis un savoir-faire reconnu. « La Première ministre voit dans cette crise une opportunité de renforcer durablement le système de santé », a-t-il ajouté, saluant les investissements du gouvernement et l’appui des partenaires.
La souche à l’origine de cette nouvelle épidémie est celle de Bundibugyo, identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda. Contrairement à la souche Zaïre, contre laquelle il existe un vaccin éprouvé, le virus Bundibugyo ne dispose pas encore de traitement ou de vaccin spécifique homologué. « Le faible nombre de cas recensés lors des précédentes apparitions n’a pas permis d’accélérer la recherche clinique », a expliqué le chef de l’OMS. Plusieurs candidats vaccins et thérapies sont néanmoins en développement et pourraient être testés dans le cadre de la riposte en cours.
En attendant, l’OMS continue d’appuyer les autorités sanitaires congolaises à travers la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, le dépistage, l’isolement des malades et la coordination des acteurs sur le terrain. « Ce sont des méthodes qui ont fait leurs preuves », a rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a également insisté sur l’importance de l’engagement communautaire, notamment pour faire évoluer certaines pratiques à risque lors des funérailles, qui favorisent la transmission du virus.
Le Directeur général de l’OMS a par ailleurs rejeté la fermeture des frontières décidée par certains pays à l’encontre des voyageurs en provenance de la RDC. « Beaucoup d’études ont montré que cela peut ralentir la propagation pendant quelques jours, mais ne permet pas de contenir l’épidémie. La meilleure stratégie est de soutenir la lutte à l’épicentre », a-t-il martelé. Selon lui, de telles mesures pourraient même décourager la transparence des États touchés, alors que la coopération internationale reste essentielle.
Samedi 30 mai, Tedros Adhanom Ghebreyesus doit se rendre à Bunia, dans la province de l’Ituri, afin d’évaluer personnellement la situation et de rencontrer les équipes engagées sur le terrain. Cette visite devrait permettre à l’OMS de mieux adapter son assistance opérationnelle aux besoins locaux.
Au-delà de l’urgence, le responsable onusien a plaidé pour un travail de fond auprès des communautés afin de briser les chaînes de transmission. « La lutte contre Ebola ne peut pas être uniquement médicale », a-t-il souligné, appelant à un renforcement durable du système de santé, à l’adaptation des comportements et à une étroite collaboration entre le gouvernement et ses partenaires internationaux.
Article Ecrit par Amissi G
Sources: primature.gouv.cd, radiookapi.net
