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RDC : les examens nationaux maintenus après la levée de la menace de boycott

Le spectre d’une année blanche s’éloigne enfin pour des millions d’élèves congolais. Ce lundi 2 juin, un soupir de soulagement parcourt les foyers, les salles de classe et les bureaux administratifs : les trois examens nationaux certificatifs se tiendront bel et bien ce mois de juin, comme prévu. La menace d’un boycott, brandie par les inspecteurs de l’enseignement des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, s’est évaporée lors d’une réunion décisive tenue à Kinshasa le dimanche 31 mai. Une rencontre qui a permis de renouer le fil du dialogue entre le Syndicat national des inspecteurs de l’enseignement au Congo (SYNIECO) et l’Inspection générale de l’Éducation nationale.

L’enjeu était de taille. Depuis des semaines, la grogne montait parmi les opérateurs pédagogiques, étranglés par des arriérés de paiement liés à l’organisation des examens de l’année 2025. Le taux de décaissement plafonnait à 51 %, une situation jugée intenable par les inspecteurs, dont le travail de terrain conditionne la crédibilité des épreuves. Sans eux, pas de surveillance, pas de correction, pas de diplomation. Un chaos annoncé qui aurait englouti les espoirs de toute une génération.

Face à l’urgence, le ministère de l’Éducation nationale a dépêché l’inspecteur général Hubert Kimbonza Sefu, chargé des évaluations et des finances. Autour de la table, les inspecteurs principaux provinciaux des zones en crise ont reçu des assurances claires : les fonds débloqués par le Gouvernement sont désormais en cours de traitement au niveau des institutions financières. Une annonce qui a suffi à détendre l’atmosphère. Henry Longendja, secrétaire général du SYNIECO, a aussitôt lancé un appel au calme et à la sérénité, invitant ses troupes à reprendre confiance. « Il n’y a plus de risque de perturbation », a-t-il affirmé, mettant fin à un bras de fer qui menaçait de faire dérailler le calendrier scolaire.

Dans le détail, l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) ouvrira le bal les 4 et 5 juin. Il sera suivi par le Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP), programmé les 11 et 12 juin. Enfin, la session ordinaire de l’Examen d’État, clé d’entrée dans l’enseignement supérieur, se déroulera du 22 au 25 juin sur toute l’étendue du territoire national. Pour les candidats, dont beaucoup ont déjà sacrifié des nuits entières à réviser dans des conditions précaires, c’est la fin d’une angoisse insoutenable.

Cette issue positive ne doit pourtant pas masquer les fragilités structurelles qui gangrènent le système éducatif congolais. Année après année, le même scénario se répète : menaces de grève, négociations de dernière minute et psychodrame national autour du paiement des opérateurs des examens. Une routine épuisante qui érode la confiance des familles et transforme l’école en champ de bataille budgétaire. Comment s’étonner, dès lors, que les taux de réussite stagnent et que nombre d’élèves décrochent ?

L’édition 2025-2026 apporte toutefois une nouveauté : la décentralisation des frais de participation. Désormais, ce sont les gouverneurs de province qui fixent les montants, en tenant compte des réalités économiques locales. Une décision pragmatique, qui voit les coûts osciller entre 30 000 et 100 000 francs congolais selon la région et le cycle. À Goma ou Bunia, où le coût de la vie est plus élevé qu’à Lodja, cette modulation pourrait soulager des milliers de ménages. Mais elle risque aussi d’accentuer les disparités, créant une école à deux vitesses où les enfants des provinces riches bénéficieront de meilleures conditions logistiques que leurs camarades du Kasaï.

Pour l’heure, l’essentiel est sauvé : les élèves plancheront sur leurs copies. Derrière les discours officiels, c’est une victoire en demi-teinte pour la société civile, qui rappelle que le droit à l’éducation ne saurait dépendre d’interminables tractations financières. À Kinshasa, le Gouvernement martèle sa volonté de régulariser définitivement le statut des inspecteurs. Reste à transformer les promesses en actes, pour que le mois de juin ne rime plus avec inquiétude, mais avec sérénité et mérite.

Article Ecrit par Chloé Kasong

Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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