AccueilActualitéJusticeMeurtre d'un syndicaliste au CAMI Kinshasa : justice exigée

Meurtre d’un syndicaliste au CAMI Kinshasa : justice exigée

Une atmosphère de deuil et de colère s’est emparée du siège du Cadastre minier (CAMI) dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, au lendemain du meurtre d’un représentant syndical en son propre domicile. La victime, Kisimba Mukulu, délégué du personnel au sein de cette entreprise publique stratégique, a été sauvagement agressé dans la nuit du 25 mai 2026 et a succombé à ses blessures, plongeant l’institution dans une stupeur indicible et un climat de forte tension, comme en a témoigné le rassemblement spontané des travailleurs ce vendredi 29 mai.

Selon les premières informations recueillies, l’attaque se serait produite au domicile de M. Mukulu, mais les circonstances exactes de l’agression et l’identité des assaillants demeurent, à ce stade, non élucidées. Face à ce drame, les délégués syndicaux ont exprimé, avec une véhémence mesurée, leur consternation et leur exigence de voir la lumière faite sur ce qu’ils qualifient d’assassinat. « Nous ne pouvons tolérer qu’un des nôtres soit abattu sans que justice ne soit rendue », a déclaré un porte-parole, en marge du rassemblement. Leurs revendications sont sans équivoque : l’identification rapide des auteurs, leur interpellation et leur traduction devant les juridictions compétentes. Ce meurtre, survenu dans un contexte où les tensions sociales au sein du Cadastre minier n’avaient jamais atteint un tel degré de violence, a transformé le deuil en un cri collectif pour la sécurité des travailleurs.

La Confédération syndicale du Congo (CSC), à laquelle était affilié le défunt, est montée au créneau par la voix de son secrétaire général chargé des mines, Basile Kamanga. Dans une intervention empreinte de gravité, M. Kamanga a fermement condamné l’attitude des autorités publiques, qu’il estime laxiste face à ce crime. « Nous pensons que le pouvoir public a l’obligation de protéger tout citoyen et surtout ceux qui exercent les activités syndicales. Nous demandons aux autorités d’assurer la sécurité des citoyens en général et aux syndicalistes en particulier parce que nous, syndicalistes, nous contribuons à la paix sociale dans les entreprises », a-t-il martelé. La centrale syndicale, qui fait de la liberté syndicale un pilier intangible garanti par la loi, a réitéré son appel au gouvernement afin que des mesures immédiates soient prises pour que les coupables de ce meurtre soient mis en examen sans délai.

L’affaire prend une dimension particulière dans le secteur minier congolais, où le CAMI, en tant que gestionnaire des droits fonciers et des titres miniers, occupe une position névralgique. Le meurtre d’un syndicaliste au sein de cette institution soulève des interrogations sur d’éventuelles pressions ou menaces qui pèseraient sur les représentants du personnel. Si aucun élément ne permet, pour l’heure, d’établir un lien direct entre l’activité syndicale de Kisimba Mukulu et son assassinat, la CSC n’écarte aucune piste et exige que l’enquête, qui n’a pas encore été confiée à une juridiction d’instruction, soit menée avec célérité et transparence. « Nous demandons à toute la population de dénoncer toute personne suspecte qui serait impliquée dans la mort de notre camarade », a ajouté M. Kamanga, appelant à une mobilisation citoyenne.

Le parquet général de Kinshasa n’a pas encore communiqué sur l’éventualité d’une mise en examen dans ce dossier, mais des sources proches de l’enquête indiquent que les premiers actes d’investigation sont en cours. Pendant ce temps, la tension au Cadastre minier reste vive, les collègues du défunt réclamant des garanties de protection pour ceux qui exercent des mandats syndicaux. La CSC a prévenu qu’elle ne laisserait pas ses militants devenir des cibles et a menacé de recourir à tous les moyens légaux pour obtenir justice. Dans un communiqué diffusé vendredi soir, l’organisation a dénoncé « une pratique odieuse qui rappelle les heures les plus sombres de la répression syndicale ».

L’assassinat de Kisimba Mukulu relance le débat sur la protection des droits fondamentaux en République démocratique du Congo, où les défenseurs des travailleurs sont parfois exposés à des risques considérables. La loi garantit pourtant, en son article 28, la liberté syndicale, et l’État est tenu d’assurer la sécurité de tous. L’absence de résultats tangibles dans l’élucidation de ce meurtre risque d’attiser davantage la colère des syndicats, qui ont appelé à une journée de deuil et de réflexion ce lundi. D’ici là, les regards restent braqués sur le Cadastre minier et les autorités judiciaires, dont dépendra le rétablissement de la confiance.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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