La chefferie de Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa en Ituri, a été frappée mercredi par une nouvelle série d’attaques meurtrières attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins sept civils ont été tués, selon un bilan provisoire, plongeant la région dans une psychose persistante.
Les assaillants ont ciblé simultanément quatre localités : Manyama, Pelupelu, Koiba et les environs de Kasoko-Mutongulo. À Manyama, deux personnes ont été abattues, une habitation incendiée et une boutique pillée. Un civil a été tué à Pelupelu, tandis qu’à Koiba, un autre a perdu la vie. Douze disparus sont, par ailleurs, signalés dans cette dernière localité. Près de Kasoko-Mutongulo, trois victimes ont été dénombrées et deux motos calcinées.
Ces chiffres, communiqués par des sources du monitoring sécuritaire local, demeurent provisoires. Plusieurs familles ignorent encore le sort de leurs membres, faisant redouter un bilan plus lourd. « L’ennemi circule encore dans cette partie du groupement Bangole », alerte un acteur de suivi, décrivant une présence persistante des combattants dans la zone.
Cette attaque fait écho au massacre survenu deux jours plus tôt dans le village d’Alima, où 17 civils avaient été lâchement assassinés. Ces tueries confirment une détérioration rapide de la situation sécuritaire, dans une région déjà éprouvée par des années de violences des ADF en RDC. La psychose gagne les communautés locales, contraintes à fuir leurs villages et à délaisser les activités agricoles. La crainte de nouvelles incursions est omniprésente.
Face à cette menace, les chefs coutumiers et les défenseurs des droits humains appellent les populations à une vigilance accrue. Les habitants de Bumaere, Pangite, Mitume, Kanyotha, Kalongo, Dondola, Mateka, Ilimba, Kiterain, Vukutse et Matete sont exhortés à signaler tout mouvement suspect.
Des voix s’élèvent également pour demander aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’intensifier la traque contre les ADF. Les groupes armés continuent, en effet, de circuler librement dans certaines zones, malgré les opérations militaires. « Les FARDC doivent renforcer leur présence et multiplier les patrouilles », insistent des responsables locaux, désespérés par l’enlisement du conflit.
La République démocratique du Congo fait face à une recrudescence des attaques des ADF, un groupe armé d’origine ougandaise semant la terreur en RDC depuis plus de vingt ans. L’insécurité en Ituri, en particulier dans le territoire de Mambasa, est devenue chronique, les civils étant régulièrement pris pour cibles. Les civils tués à Babila Babombi viennent allonger la liste funeste des victimes du conflit. Les déplacements se multiplient, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante.
Les opérations de traque conjointes des FARDC et de l’armée ougandaise n’ont pas encore éradiqué la menace. Les rebelles, disséminés dans des forêts impénétrables, conservent leur capacité de nuisance. Les récentes tueries montrent combien la pacification du territoire demeure fragile. Livrées à elles-mêmes, les communautés réclament des actions concrètes et immédiates.
Pendant que les autorités poursuivent leurs investigations, les survivants enterrent leurs morts dans la douleur et l’incompréhension. La peur s’étire le long des axes reliant les villages, et les champs désertés compromettent la sécurité alimentaire de milliers de familles. La société civile conjure le gouvernement de ne pas abandonner cette région meurtrie.
Alors que le calvaire des populations de Babila Babombi s’intensifie, une question lancinante demeure : combien de vies faudra-t-il encore pour que les pouvoirs publics et la communauté internationale réagissent avec la vigueur indispensable ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
