Les combats opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), épaulées par les combattants wazalendo, aux rebelles de l’AFC/M23 se sont intensifiés ce jeudi 21 mai dans le secteur de Katoy, territoire de Masisi, au Nord-Kivu. L’offensive conjointe a permis de chasser les insurgés de trois villages clés : Nyakigano, situé près de Ngungu, Kawere et Chugi. Cette percée est intervenue quelques jours après la chute de Kinigi, point névralgique de la zone.
Les opérations, menées sous la bannière de la coalition FARDC-Wazalendo, ont également conduit à la reprise des centres de Gasenyi et Nkokwe, à proximité de Kinigi. Ces reconquêtes successives rapprochent dangereusement les troupes loyalistes de la cité minière de Rubaya, bastion économique tenu par les rebelles depuis plusieurs mois. La reprise de villages dans le Masisi, une région montagneuse riche en minerais, s’inscrit dans une stratégie plus large de restauration de la sécurité au Nord-Kivu.
Selon des sources proches du front, les affrontements les plus violents se déroulent actuellement à environ 15 kilomètres de Kibabi, où les détonations d’armes lourdes et légères résonnent sans relâche. Les rebelles de l’AFC/M23, retranchés dans des positions fortifiées, opposent une résistance farouche. La population civile, prise au piège, est contrainte de fuir vers des zones réputées plus sûres, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante.
Depuis le début de la semaine, l’offensive FARDC-wazalendo a permis de libérer plusieurs localités auparavant sous emprise rebelle. L’armée régulière, appuyée par ces jeunes patriotes mobilisés, semble déterminée à infliger un revers significatif aux groupes armés qui déstabilisent l’est de la RDC. La cité ministérielle de Rubaya, célèbre pour ses gisements de coltan, est devenue un symbole de cette lutte pour le contrôle des ressources. Sa reconquête pourrait priver les rebelles d’une source vitale de financement.
La question demeure : jusqu’où cette coalition peut-elle aller ? Si la dynamique actuelle se poursuit, les localités encore aux mains de l’AFC/M23 pourraient être reprises rapidement. Toutefois, la route est encore longue, et les embuscades restent une menace constante. Les regards sont désormais tournés vers Kibabi et les villages environnants, où le sort de la région se jouera dans les prochains jours. Aucun bilan humain officiel n’a été communiqué pour l’instant, mais les pertes des deux côtés sont présumées importantes.
La sécurité au Nord-Kivu dépend en grande partie de l’issue de ces combats à Katoy. Les autorités provinciales se félicitent des avancées tout en appelant à la prudence. La communauté internationale observe, quant à elle, une situation qui pourrait influencer l’équilibre régional si elle basculait durablement.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
