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C64 : Sauvons la RDC exige un combat contre la « tyrannie »

La sortie officielle de la Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64), le 19 mai 2026, a immédiatement trouvé un écho au sein du mouvement Sauvons la RDC. Loin de se contenter d’applaudissements convenus, la formation politique a livré un message empreint d’une exigence qui pourrait bien bousculer l’agenda de la nouvelle plateforme. Dans un communiqué à la signature du coordonnateur du Secrétariat technique, Moïse Nyarugabo Mihizi, Sauvons la RDC salue certes un rapprochement « autour d’une même vision : la défense de l’ordre constitutionnel et le rejet de toute initiative visant à modifier la Constitution ou à prolonger le mandat présidentiel au-delà de 2028 ». Mais la main tendue cache une mise en demeure à peine voilée.

Car pour Sauvons la RDC, l’invocation de l’article 64 de la Loi fondamentale est devenue « une exigence existentielle pour la Nation ». La formule, puissante, trahit une lecture du moment politique qui dépasse la seule bataille juridique. Aux yeux du mouvement, les tentatives de modification constitutionnelle ne sont que les manifestations les plus visibles d’un mal plus profond : « la tyrannie, l’arbitraire et la mauvaise gouvernance ». Ce triptyque accusateur, directement adressé au régime en place, fait de la défense de l’ordre constitutionnel un combat certes nécessaire, mais structurellement insuffisant.

Le raisonnement est aussi stratégique que sémantique. En désignant la Coalition Article 64 comme le premier étage d’une fusée politique, Sauvons la RDC impose à la C64 un élargissement de son mandat initial. Il ne s’agira pas seulement de faire échec à une révision constitutionnelle que l’opposition redoute, mais de poser les fondations d’une refondation de la gouvernance publique. Ce postulat, s’il venait à être endossé par l’ensemble des composantes de la coalition, transformerait la C64 en un mouvement protéiforme, bien au-delà du réflexe institutionnel. À l’inverse, un refus de cette extension de mission ferait planer le spectre d’une fracture précoce entre les tenants d’une opposition légaliste et ceux qui appellent à une rupture plus radicale.

Peut-on vraiment défendre la Constitution sans s’attaquer aux pratiques qui la vident de sa substance ? La question, rhétorique, traverse tout le communiqué. Sauvons la RDC semble adresser à ses partenaires un avertissement : la mobilisation derrière le texte ne suffira pas à conjurer les dérives autoritaires si elle ne s’accompagne pas d’une mobilisation populaire massive. D’où l’appel à « faire bloc » pour mener une lutte destinée à garantir « un avenir de paix, de dignité, de grandeur et de prospérité ». Ce lyrisme patriotique n’est pas uniquement destiné à galvaniser les foules ; il installe la C64 face à une responsabilité historique qui pourrait rapidement déborder le cadre confortable des déclarations communes.

L’insistance de Sauvons la RDC sur la « véritable urgence nationale » traduit aussi une analyse froide des rapports de force. Le pouvoir, en repoussant toute velléité de limitation de ses prérogatives, pourrait être tenté de neutraliser une coalition qui ne se donnerait que l’apparence de la contestation. En réclamant un combat profond, le mouvement place la barre très haut, obligeant chaque acteur à clarifier ses intentions réelles. L’échéance de 2028 reste l’horizon indépassable, mais la bataille pour l’ordre constitutionnel s’annonce plus âpre et plus incertaine qu’une simple guérilla parlementaire.

L’entrée en scène de la C64 coïncide avec une reconfiguration du paysage oppositionnel congolais, longtemps marqué par l’éparpillement. Que Sauvons la RDC, par la voix de Moïse Nyarugabo Mihizi, élève d’emblée le curseur de l’exigence montre que les alliances restent sous tension. La défense de l’ordre constitutionnel en RDC deviendra-t-elle le ciment d’un front commun ou le révélateur des divergences stratégiques ? Les prochaines prises de position des différentes forces composant la coalition seront scrutées avec attention. Une chose est certaine : aux yeux de Sauvons la RDC, la modification constitutionnelle n’est déjà plus qu’un symptôme. Et le pays, lui, attend bien plus qu’un diagnostic.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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